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Le leader du mouvement sécessionniste biafrais accusé de trahison

La Cour fédérale d’Abuja, la capitale du Nigeria a inculpé jeudi le chef d’un mouvement séparatiste de trahison, au motif que son combat en vue de la création d’un Etat indépendant pour les Igbos, l’un des groupes ethniques les plus importants du pays, incluait la constitution d’une armée tribale chargée de renverser le gouvernement nigérian.

Ralph Uwazurike, le fondateur du Mouvement pour la restauration de l’Etat souverain du Biafra (MASSOB), groupe sécessionniste du sud-est du pays, et six autres membres de son mouvement ont été traduits devant la cour fédérale qui leur a notifié quatre chefs d’accusation de trahison et de complot contre l’Etat.

« Les personnes accusées ont appelé à la sécession de la République fédérale du Nigeria », a indiqué l’acte d’accusation. Les sept hommes se sont rendus coupables de trahison « en militant dans un mouvement appelé l’armée du MASSOB qui suit un entraînement militaire dans le but de déclencher une guerre, d’intimider et de renverser [le gouvernement du président Olusegun Obasanjo] ».

Tous les accusés ont plaidé non coupables et le juge Binta Murtala-Nyako, qui présidait la séance, a ordonné leur remise en détention et reporté le procès au 6 décembre.

S’ils sont reconnus coupables de trahison, les activistes risquent la peine de mort.

M. Uwazurike n’a pas semblé perturbé par l’énoncé des chefs d’accusation. Dans la salle d’audience, M. Uwazurike a déclaré qu’il avait été enchaîné au sol et torturé par les forces de sécurité qui l’ont arrêté il y a deux semaines. Il a demandé à être transféré dans une autre prison avec les autres membres de son mouvement, mais sa requête a été rejetée par la juge.

En quittant la salle d’audience, il a salué un petit groupe de partisans avant de lancer « Vive le Biafra ! Nous ne négocierons pas ».

M. Uwazurik était recherché depuis juillet, après la mise en circulation d’une monnaie censée être celle de la République indépendante du Biafra.

Selon le chef du MASSOB, les gouvernements successifs ont opprimé et mené une politique ségrégationniste à l’égard des Igbos, le groupe ethnique dominant du sud-est du pays.

Le mouvement sécessionniste cherche à recréer la République du Biafra, dont la brève existence a été à l’origine d’une guerre civile sanglante qui a duré de 1967 à 1970, et fait un million de victimes qui, pour la plupart, sont mortes de faim.

Les campagnes de M. Uwazurike ont séduit des milliers de jeunes Igbos sans emploi qui sont nés après la guerre.

Dans la ville d’Onitsah, au sud-est du pays, un fief du MASSOB, la police a affronté lundi des milliers de manifestants qui ont envahi les rues pour protester contre l’arrestation de leur leader.

Au cours de cet incident, la résidence privée de Nnamdi Azikiwe, le premier président du Nigeria, mort en 1996, a été incendiée.

Selon la police, ce sont les membres du MASSOB qui, après avoir chassé les policiers dans l’enceinte résidentielle ont mis le feu à la maison. Mais le MASSOB a accusé les forces de l’ordre d’avoir incendié la résidence dans le but de discréditer le mouvement sécessionniste aux yeux des Igbos, qui respectent M. Azikiwe et constituent la base du MASSOB.

Selon les groupes de défense des droits de l’homme, des douzaines de militants pro-Biafra ont été tués durant ces six dernières années, et des centaines d’autres arrêtés lors de marches et manifestations organisées par le MASSOB sont encore en détention.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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