Selon Amnesty, les habitants qui vivent dans les zones défavorisées de la région pétrolifère du sud et qui osent manifester contre les multinationales du pétrole travaillant en joint ventures avec le gouvernement font fréquemment l’objet de “punitions collectives” de la part des forces de sécurité.
« Les habitants des communautés suspectées d’entraver la production de pétrole ou d’héberger des criminels sont souvent prises pour cibles par les forces de sécurité », indique le rapport.
Ce rapport – Le combat pour les droits humains et les ressources naturelles. Injustice, pétrole et violence au Nigeria – met en exergue deux cas d’actes de violence commis en février 2005 qui illustrent la brutalité des forces de sécurité nigérianes.
Le 4 février 2005, les soldats de la force d’intervention interarmes ont ouvert le feu sur des manifestants à l’intérieur du terminal pétrolier d’Escravos de Chevron.
Un des manifestants, Bawo Ajeboghuku, est décédé des suites de ses blessures par balles et au moins 30 autres ont été blessés dont certains par les coups de crosse.
Quelques jours plus tard, au moins 17 personnes ont été tuées par les éléments de cette même unité spéciale lors d’un raid lancé sur Odioma, une ville de l’Etat de Bayelsa, pour rechercher un groupe d’hommes armés supposés être les auteurs du meurtre d’un politicien local.
Et comme elles n’ont pas pu appréhender les suspects, les forces de sécurité ont rasé près de « 80 pour cent des maisons d’Odioma » et fait plusieurs victimes dont la centenaire Balasanyun Omieh et un bébé de deux ans, ajouter Amnesty.
Pour le groupe de défense des droits humains, le recours systématique à la violence montre que les choses n’ont pas beaucoup changé depuis le régime militaire du général Sani Abacha qui, en 1995, avait fait pendre l’écrivain et défenseur de l’environnement Ken Saro-Wiwa, à l’issue d’un procès pour meurtre considéré par de nombreux observateurs comme étant monté de toute pièce.
Malgré la fin des quinze années de régime militaire marquée par l’élection en 1999 du président Olusegun Obasanjo, les populations de la région continuent d’être victimes de graves violations des droits de l’homme.
« En dehors d’une forte présence militaire destinée à ramener l’ordre et à protéger les installations pétrolières, les pouvoirs publics sont quasiment absents du delta du Niger », souligne le rapport
Aucun membre du gouvernement nigérian n’était disponible pour commenter le rapport d’Amnesty International.
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