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Mme Sirleaf accuse George Weah de fuir le débat politique

[Liberia] Tens of thousands of supporters turned out for George Weah's final election rally in the Liberian capital, Monrovia. The West African nation heads to the polls to pick a new president on 11 October. [Date picture taken: 2005/10/08] Claire Soares/IRIN
Weah supporters turn out en masse before the first round vote

Ellen Johnson-Sirleaf a reproché son adversaire George Weah son refus de prendre part à un débat retransmis en direct sur les ondes d’une radio locale, à une semaine du deuxième tour des élections qui permettront d’élire le prochain président de la République du Liberia.

Après avoir remporté le premier tour du scrutin présidentiel d’octobre dernier, M. Weah, ancienne gloire du football et nouvel acteur politique libérien, affrontera le 8 novembre, au deuxième tour, l’économiste diplômée de Havard et ancienne politicienne, Mme Sirleaf.

Mais George Weah a refusé de participer à un débat prévu ce week-end à Monrovia devant un public de 700 personnes et censé être retransmis en direct sur les ondes d’une radio locale.

« Comment M. Weah compte-t-il partager sa vision et expliquer son programme aux partenaires internationaux – qu’il s’agisse de partenaires au développement ou de partenaires scientifiques -, s’il ne peut pas expliquer à la nation et au peuple son projet de gouvernement pour ce pays », a déclaré mardi le parti de l’Unité de Sirleaf dans un communiqué.

Ce parti, qui a remporté moins de sièges aux législatives d’octobre dernier que le Congrès pour un changement démocratique de M. Weah, a expliqué que voter au deuxième tour pour un candidat incapable de présenter sa vision pour le pays reviendrait « à lui donner carte blanche ».

« L’élection présidentielle est trop importante pour laisser les gens choisir le prochain chef d’Etat sans savoir ce qu’il ou elle compte faire pour créer des emplois, reconstruire le pays et dresser les fondations de la paix », indiqué le communiqué.

Dans le camp de M. Weah, personne n’était disponible mardi pour commenter ce communiqué.

Le footballeur – qui a grandi en jouant pieds nus au football dans un bidonville de Monrovia avant de faire les beaux jours des plus prestigieux clubs d’Europe --, a quitté lundi la capitale pour mener campagne à Nimba, la deuxième ville la plus importante du pays par le nombre d’électeurs.

Le débat, prévu pour jeudi, avait été organisé par le National Democratic Institute et l’International Republican Institute et des invitations avaient été envoyées aux deux candidats près de deux semaines à l’avance. Si Mme Sirleaf s’est empressée d’y répondre favorablement, cela n’a pas été le cas de M. Weah.

« Il n’y aura pas de débat. Le parti de M. Weah a souligné que leur leader ne sera pas disponible parce qu’il est en campagne », a confié mardi à IRIN M. Sidi Diawara, le directeur national du NDI. "C’est dommage, bien sûr, mais on ne peut pas obliger un candidat à participer à un débat politique".

Des candidats au profil bien différent

Depuis que M. Weah s’est déclaré candidat à la présidence, son niveau intellectuel et son amateurisme politique ont fait l’objet de nombreuses supputations tant chez ses partisans que chez ses détracteurs.

M. Weah qui s’est enrichi grâce au football, a su rallier à sa cause de nombreux jeunes électeurs libériens. Et le fait qu’il soit nouveau dans le monde politique est, selon lui, la preuve qu’il a les mains propres et qu’il peut offrir une réelle alternative à ce pays qui a été ravagé par la guerre.

« Je n’ai jamais soutenu de rébellion, ce qui n’est pas son cas », a indiqué M. Weah à la presse, en faisant allusion au soutien que M. Sirleaf a apporté à la tentative de coup d’Etat de Charles Taylor contre le président Samuel Doe dans les années 1980.

Mme Sirleaf, qui peut se targuer d’être diplômée de Harvard et d’avoir occupé des fonctions à la Banque mondiale et aux Nations unies, a indiqué quant à elle, que deux années après la fin des quatorze années de guerre civile, le pays avait besoin d’un chef d’Etat avisé et expérimenté.

« Nous mettrons en place un gouvernement qui a les capacités, les compétences et la vision pour répondre aux besoins du peuple », a-t-elle déclaré à ses partisans lors d’un rassemblement.

Les discours de Mme Sirleaf sont souvent improvisés. Lors de sa dernière réunion électorale, elle faisait le tour du petit podium, écartant au besoin les journalistes, pour s’assurer qu’elle était vue de toute la foule qui réagissait avec enthousiasme à chaque mot de son vibrant discours.

Les meetings de M. Weah ont attiré plus de monde. Au moins 100 000 personnes ont participé à une marche matinale et des milliers d’autres se sont réunis à l’extérieur de son quartier général pour écouter son dernier discours de campagne électorale.

Assis pendant des heures derrière le podium, il n’a pris le microphone que pour s’adresser quelques instants à la foule. Et lorsque, de jeunes filles, prises d’un coup de chaleur, s’évanouissaient et étaient extirpées de la foule pour être soignées sur le podium, M. Weah continuait imperturbablement la lecture de son discours appelant la population au calme.

En privé, certains diplomates reconnaissent que M. Weah n’aime pas prendre la parole en public et qu’il manque d’expérience politique. Toutefois, ils ne le donnent pas pour autant perdant. Selon eux, son engagement auprès des milliers d’ex-combattants et sa capacité à inspirer l’espoir à la population d’une nation déchirée ne doivent pas être sous-estimés.

Et chaque Président s’entoure d’une équipe, même le président des Etats-Unis George W. Bush. C’est le cas que son homonyme libérien s’empresse de citer en exemple.

« Le gouverner n’est pas l’affaire d’une seule personne. J’ai des experts dans mon équipe », a expliqué M. Weah à la presse avant le premier tour du scrutin.

Et depuis, deux membres éminents de l’élite intellectuelle du Liberia -- Winston Tubman qui est arrivée en quatrième position au premier tour et Varney Sherman arrivé cinquième – ont décidé d’apporter leur soutien à l’équipe de M. Weah.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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