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Il ne sera pas possible d'organiser des élections en octobre - Kofi Annan

UN Secretary-General Kofi Annan Lusa News
UN Secretary-General Kofi Annan.
Les élections générales censées rétablir la paix en Côte d’Ivoire ne peuvent techniquement avoir lieu le 30 octobre, a indiqué le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, portant ainsi un sérieux coup de frein au processus de paix en cours en Côte d’Ivoire.

Dans un entretien accordé à Radio France International et diffusé sur les ondes de la station de radio française, M. Annan a accusé toutes les parties en conflit d’être responsables de la nouvelle impasse dans laquelle se trouve le processus de paix, trois ans après la tentative avortée de coup d’Etat de septembre 2002.

« Non, ça ne peut pas être possible [d’organiser les élections], parce que les leaders politiques et les parties n’ont pas coopéré », a déclaré M. Annan.

« Il y a certaines choses qu’on doit faire avant les élections d’octobre. On n’a même pas pu constituer la Commission électorale. Pratiquement, sur le plan technique, ce ne sera pas possible », a-t-il ajouté.

A sept semaines du scrutin, les listes électorales n’ont pas été mises à jour et beaucoup d’électeurs n’ont pas encore été identifiés. Par ailleurs, la Commission électorale indépendante censée superviser les élections n’étant pas encore créée, elle n’est pas fonctionnelle.

Ces propos de M. Annan, sont la première déclaration officielle des Nations unies sur la nécessité d’un report de la date des élections générales en Côte d’Ivoire. Cette déclaration intervient quelques semaines après que le secrétaire général de l’ONU, l’organisme chargé de la supervision du scrutin, ait émis publiquement des réserves quant à la possibilité d’organiser l’élection présidentielle le 30 octobre.

M. Annan a averti que l’action politique et la bonne volonté devaient désormais prévaloir, sinon les sanctions du Conseil de sécurité seront appliquées.

« Je crois que tôt ou tard le Conseil de sécurité va être obligé d’agir dans ce sens », a répondu le secrétaire général à une question sur la possibilité d’appliquer des sanctions.

Maintenant que le principe du report du scrutin est acquis, tous les acteurs politiques se préparent à engager un débat autour de la nécessité d’une transition politique en Côte d’Ivoire.

Mais comme l’a déjà fait savoir le président Laurent Gbagbo, il poursuivra son mandat jusqu’à la nomination du nouveau président élu.

Quant au mouvement des Forces nouvelles, qui contrôle le nord du pays, et aux leaders de l’opposition, ils ont déclaré à plusieurs reprises qu’il y a aura un vide constitutionnel après le 30 octobre.

Pour cette raison, insistent-ils, un gouvernement de transition doit être mis en place, sans la participation de M. Gbagbo.

Selon l’article 38 de la Constitution ivoirienne, le président en exercice conserve le pouvoir si les élections présidentielles ne peuvent avoir lieu ou tant que les résultats du scrutin ne sont pas proclamés.

Le mouvement des Forces rebelles et les leaders de l’opposition ont rejeté l’article 38, le jugeant inadapté à la situation actuelle.

Pour la coalition des partis de l’opposition regroupant le Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) et le Rassemblement des républicains (RDR), l’article 38 ne répond pas à la situation actuelle car les élections n’ont pas encore eu lieu.

« Nous avons déjà dit que les listes électorales n’ont pas été publiées, que les belligérants n’ont pas désarmé et que le pays est toujours divisé », a déclaré Maurice Akaou Guikahue, membre du PDCI.

« Il n’y a même pas de Commission électorale ; comment voulez-vous, dans ces conditions, parler d’avancée du processus électoral ? », s’est-il interrogé.

Pour M. Guikahue, le principal problème est de s’assurer que chaque ivoirien sera en mesure de voter le jour du scrutin.

« Le problème fondamental est : qu’allons-nous faire pour que chaque citoyen de ce pays puisse avoir des papiers d’identité et soit autorisé à voter ? Tant que le problème d’identification ne sera pas résolu, nous ne pouvons pas organiser d’élections libres et justes », a-t-il ajouté.

Selon le porte-parole des rebelles, Alain Lobognon, les Forces nouvelles ont invité le représentant spécial des Nations unies, Pierre Schori, à se rendre à Bouaké, le fief du mouvement rebelle, pour aborder le problème de la transition en Côte d’Ivoire.

« Nous avons engagé des discussions sur la constitution d’un gouvernement de transition qui est la seule solution à cette crise », a-t-il confié à IRIN.

Mais au cours du conseil des ministres de jeudi dernier, M. Gbagbo a souligné que les différents accords de paix signés depuis janvier 2003 ne font nullement mention d’une période de transition.

« Le président a réaffirmé sa volonté d’appliquer la constitution, toute la constitution et rien que la constitution », a indiqué le communiqué publié à l’issue de la réunion.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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