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Une reprise du conflit est possible si le phénoméne de la corruption n'est pas éradiqué

[Liberia] An orphan of the war in Liberia holds his toy, a broken side mirror of a car. Years of warfare have left tens of thousands of children orphaned or separated from their parents. IRIN
This boy is an orphan. Thousands of other children living in orphanages are not
Le Liberia pourrait à nouveau sombrer dans la guerre d’ici la fin de la décennie et entraîner les pays voisins dans cette spirale, si le gouvernement ne prend pas des mesures draconiennes pour lutter contre la corruption et si la communauté internationale ne poursuit pas son effort de reconstruction du pays après les élections présidentielles d’octobre, révèle le rapport de Crisis Group, une influente cellule de réflexion basée à Bruxelles.

Après quatorze années de guerre civile, les Libériens se préparent à élire un nouveau président de la république et un nouveau parlement qui succéderont au gouvernement de transition installé à la fin du conflit, en août 2003.

« Les élections ne sont qu’une étape mineure dans le long processus de reconstruction. Ce dernier sera mis à mal si l’élite libérienne refuse de mettre en œuvre de nouvelles méthodes de gouvernance et si les partenaires internationaux se retirent avant d’avoir mis en place un environnement sécuritaire durable », a indiqué Crisis Group dans un rapport publié mercredi.

« Dans un contexte régional où les casques bleus de l’ONU se retirent de la Sierra Leone, la Guinée reste un pays instable et la violence est encore très présente en Cote d'Ivoire. Toute action qui n’irait pas dans le sens d’un engagement total pour la réinsertion et la reconstruction du Liberia contribuera à raviver les tensions et à amplifier le conflit, a expliqué Crisis Group.

Les bailleurs internationaux et le gouvernement de transition du Liberia affinent actuellement un plan anti-corruption qui sera appliqué dans ce pays d’Afrique de l’ouest où ses richesses - le diamants, le bois et le minerai de fer - ont tenté des générations de dirigeants.

A travers le programme du GEMAP (Governance and Economic Management Assistance Programme - Programme d’aide à la bonne gouvernance et à la gestion économique), les bailleurs envisagent de nommer des experts étrangers à des postes clés des ministères stratégiques et des grandes entreprises publiques, ainsi que des juges étrangers auprès des tribunaux libériens.

Les gouvernements occidentaux ont averti qu’ils suspendraient leur aide financière si les politiciens et les autorités gouvernementales continuaient à dilapider les fonds destinés aux quelque trois millions de personnes qui vivent encore sans eau potable ni électricité, plus de deux ans après la fin de la guerre civile.

« L’enjeu ne se limite pas uniquement à la suspension de l’aide et des fonds de reconstruction. Il concerne aussi l’effacement de la dette du Liberia qui se chiffre à environ 3 milliards de dollars », a indiqué le rapport de Crisis Group.

Le rapport rappelle également à la communauté internationale qu’elle doit respecter ses engagements si le gouvernement de transition et le gouvernement élu qui le remplacera acceptent de nommer des experts étrangers pour l’aider à diriger l’économie du pays.

« Les bailleurs doivent (alors) apporter une contribution financière significative et s’engager sur le long terme à reconstruire des infrastructures de base - réseau électrique, système d’approvisionnement en eau, routes, système de santé, forces de sécurité - et tout ce dont les Libériens ont besoin pour que leur pays puisse fonctionner de nouveau », ajoute le rapport.

Les 15 000 casques bleus déployés au Liberia sont le contingent qui revient le plus cher aux Nations unies et, à en croire certains observateurs, l’ONU sera tentée de réduire leur nombre si les élections d’octobre se déroulent normalement.

Mais beaucoup de Libériens expriment ouvertement leur inquiétude sur la sécurité dans leur pays si les effectifs des casques bleus étaient réduits, quand on sait que le taux de chômage dans le pays avoisine les 85 pour cent et que des milliers d’ex-combattants sont désoeuvrés.

Tous les diplomates, les experts auprès d’association de défense des droits de l’homme et les travailleurs humanitaires reconnaissent que la réinsertion sociale et professionnelle des ex-combattants est primordiale pour garantir la sécurité dans le futur Liberia et dans la région.

Les violents conflits qui ont sévi en Afrique de l’ouest dans les années 1990 et au début des années 2000 montrent combien il est facile pour des jeunes désoeuvrés de passer des frontières poreuses avec des armes et de se transformer en combattants.

Au mois d’avril 2005, Human Rights Watch avait alerté la communauté internationale sur le fait que de jeunes libériens louaient leurs services pour aller se battre de l’autre côte de la frontière, en territoire ivoirien.

Au Liberia, ex-combattants et civils n’hésitent pas à prendre comme référence les dernières élections qui ont eu lieu au Liberia en 1997. Alors que tout le monde espérait qu’elles allaient restaurer la paix, elles n’avaient fait que raviver la guerre en raison de l’échec du processus de désarmement et de réinsertion.

« La réussite du processus de paix au Liberia, l’année prochaine, permettra de pacifier toute la région du bassin du fleuve Mano (qui englobe aussi la Guinée et la Sierra Leone) », indique le rapport de Crisis Group.

« Son échec scellera probablement le sort de la région pendant des années et en fera le théâtre d’une guerre tournante dans laquelle des jeunes cruels et sans objectif se déplaceront d’un pays vers un autre pour chercher à piller les sites les plus riches ».


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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