« Ce sont des déplacés internes qui vivent dans des campements sauvages », a expliqué Philip Dwuye, président de la Commission pour le rapatriement et la réinstallation des réfugiés libériens. « Le gouvernement, avec l’aide de ses partenaires internationaux recherche des fonds pour financer la réinstallation des réfugiés ».
M. Dwuye a estimé à 9,6 millions de dollars américains le montant de l’aide à apporter à ces personnes déplacées. Cette somme permettra de fournir aux rapatriés quelques articles de base et de payer leur transport.
Dans une récente note d’information sur la situation humanitaire, la mission de l’ONU au Libéria (MINUL) a prévenu que des problèmes de financement pourraient se poser.
« Les 64 000 personnes déplacées ne sont pas prises en compte dans les chiffres du programme actuel. Elles devront attendre que de nouvelles ressources financières soient disponibles. Cela interrompra effectivement le rapatriement », a indiqué la note d’information de la MINUL.
L’ancien co-ordinateur humanitaire pour le Liberia, Abou Moussa, a déclaré la semaine dernière à la presse qu’une aide financière avait été demandée aux Etats-Unis.
« Le programme est en cours et ils seront bientôt réinstallés”, a dit Moussa.
Comme le reconnaît l’ONU, la pression des déplacés désirant rentrer chez eux est de plus en plus forte, d’autant plus que certains abris précaires dans lesquels ils vivent actuellement ont été endommagés par des pluies diluviennes.
« En outre, la plupart des déplacés doivent rentrer chez eux avant les élections du 11 octobre », a ajouté la note d’information de la MINUL.
Selon la Commission nationale des élections, les déplacés représentent environ cinq pour cent des 1,35 million électeurs enregistrés, et près de trois-quarts de ces déplacés ont choisi de voter dans leur région d’origine pour pouvoir élire leurs chefs locaux.
En d’autres termes, ils doivent rentrer avant le jour des élections.
Selon les derniers chiffres de la MINUL, un peu plus de 207 000 déplacés ont reçu une aide pour rentrer chez eux.
La semaine dernière, la Commission norvégienne pour les réfugiés, une agence humanitaire internationale qui travaille au Liberia, a dit qu’elle s’inquiétait du fait que certains électeurs potentiels pourraient ne pas être en mesure de voter.
« Il est probable que plusieurs (autres déplacés) ne soient pas en mesure de rentrer à temps, ce qui les priverait de leur droit de vote », a dit l’agence humanitaire.
Les déplacés eux-mêmes font aussi part de leur mécontentement.
Acquie Mulbah, un représentant des déplacés du camp de Mount Barclay, l’un des plus importants camps situés à la périphérie de la capitale, Monrovia, a dit que ses voisins perdaient tout intérêt dans la campagne électorale actuelle car ils étaient coincés dans les camps.
« Les déplacés sont tous d’accord sur le fait que leur rapatriement doit s’effectuer avant les élections », a t-il dit à IRIN. « Nous sommes tous découragés parce que le processus est lent et que tous ceux qui veulent être rapatriés n’ont pas reçu d’aide ».
Mardi, l’Initiative des ruraux du Liberia, qui dit représenter environ 150 000 déplacés a présenté un rapport au parlement libérien, aux ambassades étrangères et aux organisations internationales indiquant que ses membres boycotteraient les élections d’octobre s’ils n’étaient pas rapatriés.
« Nous ne sommes pas satisfaits de la manière dont se déroule le programme de réinstallation. La situation politique a éclipsé notre rapatriement et nous avons fermement souligné dans notre communiqué que nous ne participerons pas aux élections et que nous empêcherons les partis politiques de faire campagne dans nos camps », a expliqué Seymour Morris, le porte-parole du groupe.
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