La souveraineté du Niger a été reconnue sur 16 îles qui s’étendent sur près de 150 km le long du fleuve Niger et qui constituent la frontière entre les deux pays, ainsi que sur l’île de Lété, la plus grande de toutes, avec ses 60 km2. Cette île a été à l’origine des conflits frontaliers qui opposent sporadiquement les deux pays.
Le gouvernement de Niamey perçoit déjà des impôts des quelques résidents qui vivent sur l’île de Lété, la plupart de ceux-ci étant des éleveurs de bétail.
Le Bénin et le Niger, deux pays qui comptent parmi les nations les plus pauvres de la planète, revendiquaient leur souveraineté respective sur les 25 îles depuis 1960, année de leur indépendance.
En 2002, ces deux Etats d’Afrique de l’ouest se sont adressés à la Cour de justice internationale de la Haye pour résoudre leur différend frontalier et les deux parties se sont engagées à se plier à la décision de la Cour.
La chambre, composée de cinq juges, a statué sur le dossier du contentieux et a décidé, à la majorité de voix, d’établir l’appartenance de 16 îles au Niger, les neuf autres allant au Bénin.
La chambre a également délimité les frontières entre les deux pays sur les fleuves Niger et Mékrou. La décision de mardi est définitive et sans appel.
Lété est située près de Malanville, le principal poste frontalier entre les deux pays, où l'axe routier reliant Cotonou à Niamey, la capitale du Niger, enjambe un pont sur le fleuve Niger.
Huit ressortissants nigériens ont trouvé la mort dans les années 1960 au cours d’affrontements liés à la souveraineté sur l’île de Lété, mais depuis, le conflit couvait.
En 2000, le conflit a éclaté de nouveau lorsque le Bénin a commencé la construction d’un bâtiment administratif sur l’île. Le Niger y a dépêché des militaires pour mettre fin aux travaux de construction et, en représailles, les autorités béninoises ont bloqué les acheminements de vivres vers le Niger, pays voisin enclavé.
Dans son allocution de lundi soir, le Premier ministre du Niger, Hama Amadou, a appelé la population de son pays à accepter la décision de la cour, quelle qu’elle soit.
"L’établissement d’une frontière précise entre nos deux pays ne peut que contribuer à renforcer la paix et nos relations de bon voisinage", a-t-il déclaré.
Selon l’agence de presse Reuters, le ministre des Affaires étracngères du Bénin, Rogatien Biaou, a fait savoir après le verdict que son pays continue de penser que la frontière aurait dû être établie au large des fleuves, ce qui aurait établi l’appartenance de toutes les îles au Bénin, mais que son pays se plierait à la décision de la cour.
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