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Les rebelles ouvrent un deuxième front de bataille sur Monrovia

Les rebelles libériens ont ouvert un deuxième front dans leur assaut contre la capitale Monrovia lundi, au moment où un navire militaire français évacuait plusieurs centaines d'étrangers arrivés de la mission de l'Union européenne en hélicoptères, et au moment où les prix des denrées alimentaires et du carburant ont grimpés au marché noir.

Les combats sans merci entre les forces gouvernementales et les combattants du mouvement rebelle Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), se poursuivaient dans la matinée dans les banlieues occidentales de la capitale. Les forces fidèles au président Charles Taylor ont eu recours à l'artillerie lourde pour tenter, en vain, de déloger les combattants du LURD du faubourg de Duala Town, à environ huit kilomètres du centre de la capitale.

En dépit d'une accalmie à la mi-journée, des habitants ont aperçu des combattants du LURD traverser le marais bordant Monrovia et aller en direction du nord pour ouvrir un nouveau front à l'est de la ville. Des travailleurs humanitaires en Côte d'Ivoire, qui ont maintenu un contact radio et par téléphone avec leurs collègues à Monrovia, ont fait état plus tard de nouveaux tirs à Paynesille, un faubourg de l'est de la capitale.

Le centre de Monrovia demeurait ouvert à tous les vents, sans eau ni électricité, et toutes les stations d'essence étaient fermées. Au marché noir, le prix d'un sac de 50 kg de riz de 20 dollars a quasiment doublé allant de 30 à 40 dollars, tandis que celui d'un gallon (4,546 l) d'essence a grimpé de 3 à 7 dollars.

Privés d'eau de robinet, les habitants sont obligés de se servir des puits, contaminés pour la plupart. Les seuls endroits où on peut encore ouvertement acheter des denrées sont des échoppes du marché et des commerçants ambulants battant le pavé avec des carrioles.

Le correspondant d'IRIN a mis en garde contre une crise alimentaire imminente dans cette ville de près d'1 million d'habitants si la situation continuait à se détériorer. " Les gens vont bientôt mourir de faim ", a-t-il averti.

Du fait de la crise, le président Charles Taylor a ajourné une réunion du conseil des ministres. D'autre part, une séance extraordinaire de débat au parlement a également été annulée faute de quorum.

Les 100 000 occupants des camps pour les personnes déplacées, situés à la périphérie de Monrovia, qui avaient convergé vers le centre-ville lors de la première offensive rebelle contre la ville la semaine passée, continuent de se rassembler dans les écoles du centre de la capitale et dans le stade Samuel Doe, pour s'y réfugier.

Plus de 5 000 d'entre elles, regroupées dans l'enceinte du stade, ont reçu une ration alimentaire de cinq bols de riz chacune.

Par ailleurs, les ambulances de la police transportaient un flot incessant de soldats loyalistes et de miliciens, morts ou blessés, entre la ligne de front et l'hôpital John F. Kennedy, de Monrovia, et vers un autre centre hospitalier se trouvant dans la résidence officielle du président. Les officiels ont refusé de fournir le bilan des victimes.

Bien que Taylor ait averti que les pilleurs seraient " sévèrement " sanctionnés, les combattants gouvernementaux ont continué à piller les habitations situées près de la ligne de front et dont les habitants ont fui.

Un témoin oculaire a fait état de pillage de grande ampleur dans la zone de Jamaïca Road, à proximité du port. La sécurité portuaire a néanmoins été renforcée et une compagnie de surveillance privée continue d'y protéger les entrepôts.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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