Malgré un couvre-feu imposé dans la ville du crépuscule à l'aube jeudi par les autorités de l'Etat de Kaduna, des jeunes chrétiens ont mené des opérations de représailles contre les musulmans, qui seraient les auteurs d'attaques contre des églises, des habitations et des personnes soupçonnées d'être chrétiennes.
Le président de la Croix-Rouge nigériane, Emmanuel Ijewere, a déclaré aux journalistes qu'il y aurait pour l'instant 105 « morts identifiables », ajoutant qu'il pourrait y en avoir davantage. D'autres responsables de la Croix-Rouge ont confirmé que plus de 500 personnes ont été traitées pour des blessures.
Cette dernière vague de violence sectaire à Kaduna, une ville multireligieuse mais agitée a été déclenchée par un article publié samedi dernier par le journal nigérian 'Thisday'. L'article indiquait, en réponse aux objections des musulmans contre la tenue du concours de 'Miss Monde', que s'il était encore vivant aujourd'hui, le Prophète Mohammed aurait probablement choisi une des 92 participantes pour épouse.
Par la suite, 'Thisday' a quotidiennement publié des excuses à la communauté musulmane, indiquant que le commentaire a été inclus par erreur. Cependant, son bureau régional à Kaduna a été incendié par des militants musulmans mercredi. Plusieurs églises et bâtiments privés ont aussi été saccagés dans la ville, où la violence sectaire avait fait plus de 2000 morts en l'an 2000.
D'importants groupes musulmans, notamment le Conseil suprême des affaires islamiques, a demandé au gouvernement du président Olusegun Obasanjo d'annuler le concours de 'Miss Monde', dans l'intérêt de la paix.
Un communiqué officiel diffusé jeudi a condamné l'article du journal sans pour autant indiquer qu'il annulera le concours de beauté prévu pour le 7 décembre dans la capitale Abuja, et que les officiels considèrent comme catalyseur potentiel du tourisme nigérian.
"Le gouvernement voudrait absolument assurer qu'il ne soutient pas une telle provocation délibérée, offensant la sensibilité d'une quelconque confession », a déclaré dans le communiqué Ufot Ekaette, le secrétaire du gouvernement.
"Les mesures nécessaires, comme énoncées par la loi, ont été prises pour amener les responsables devant la justice. Le Gouvernement en appelle aux musulmans pour qu'ils ne prennent pas la loi entre leurs mains à ce sujet, alors que l'on tente d'apporter une réponse à leurs doléances », a-t-il ajouté.
Près de la moitié des 120 millions habitants du Nigeria est musulmane. Les autres sont chrétiens ou observent des religions traditionnelles africaines.
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