M. Ntumba était accompagné par Thomas Lubanga, le chef de l’Union des patriotes congolais (une faction née d’une scission au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani-Mouvement de libération, RCD-K-ML, un groupe rebelle), Lola Bile, l’attachée de presse de M. Ntumba, et par Nicaise Kibelbel, rédacteur du journal Les Coulisses. L´enlèvement a eu lieu jeudi et les quatre otages ont été retenus à Madro, à quelque douze kilomètres de Bunia.
"Nous avons passé trois nuits assis sur un canapé, refusant de manger ce qu’ils nous offraient, préférant plutôt manger des biscuits sucrés", a déclaré M. Ntumba à son retour dans la capitale de la RDC, Kinshasa, dimanche soir. "Nous n’avons pas subi de sévices physiques, mais avons été l’objet de contraintes psychologiques majeures", a-t-il ajouté, précisant que tous les membres de la délégation étaient sains et saufs.
La libération des otages faisait suite à l’intervention de fonctionnaires ougandais, qui se sont rendus à Bunia pour négocier avec les chefs de la milice Hema, appelée le Front pour la réconciliation et la paix (FRP), opposé au RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi. Le FRP a accusé le Gouvernement de Kinshasa d’avoir fourni un soutien logistique et militaire à M. Nyamwisi.
M. Lubanga a déjà dirigé le ministère de la défense du RCD-K-ML.
Les ravisseurs auraient réclamé, comme monnaie d’échange pour relâcher la délégation de M. Ntumba, la libération de dix de leurs collègues ayant pris part à une conférence sur la paix et la réconciliation, à Kinshasa. M. Ntumba s’était rendu à Bunia pour encourager des chefs ethniques à participer davantage à la conférence de paix de l’Ituri.
Selon un porte-parole du gouvernement de la RDC, Kikaya Bin Karubi, cette prise d’otages était due à un malentendu au sein des éléments radicaux de la milice Hema, qui croyaient que les 10 avaient été arrêtés. En fait, ces dix individus, comprenant un chef traditionnel, avaient été ramenés à Bunia.
Même si la libération des otages a permis à la conférence de paix de l’Ituri de se poursuivre, le retrait vendredi de la délégation Lendu a fait s’estomper ses perspectives de succès. La conférence a été arrêtée lorsque le ministre a été enlevé.
Deux des groupes ethniques de la région de l’Ituri, les Hema, éleveurs, et les Lendu, agriculteurs, se sont souvent affrontés en vue de prendre le contrôle de la région.
L’Émissaire de l’ONU pour la RDC a soutenu que les conflits en cours à Bunia n’étaient pas simplement de nature ethnique, mais qu’ils étaient, au fond, motivés par des intérêts politiques et économiques.
"Tous sont persuadés qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème ethnique, mais aussi d’une question politique alimentée par des intérêts économiques", a indiqué l’ambassadeur Amos Namanga Ngongi, Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour la RDC, la semaine dernière à Kinshasa, lors d’une conférence de presse.
L’Ouganda a signé le 15 août avec la RDC un accord de paix prévoyant le retrait de la plupart de ses troupes présentes au Congo.
L’ONU a révélé que l’Ouganda avait, depuis lors, retiré 1 164 soldats, tout en maintenant à Bunia un bataillon chargé d’y maintenir l’ordre.
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