1. Accueil
  2. Afrique
  3. West Africa
  4. Nigéria

La police anti-crime arrête des centaines de personnes au milieu de plaintes d'abus des droits de l'homme

Des centaines de suspects ont été arrêté dans le cadre d'une opération de lutte contre le crime, lancée il y a juste deux semaines au Cameroun, mais des sources affirment que la police abuse également les droits de personnes innocentes dans ses efforts tendant à réduire les activités criminelles.

L'Opération Harmattan cherche à débarrasser les plus grandes villes du Cameroun - Yaoundé, sa capitale, et Douala, son noyau commercial - des bandits qui font régner l'insécurité dans leurs rues. Environ 2 792 personnes ont été détenues pour interrogatoire depuis que l'opération a été lancée au début du mois en cours, a rapporté le bureau national de la sécurité il y a une semaine. Six kilogrammes de stupéfiants illicites ont été saisies durant ce processus.

Les autorités ont également annoncé que deux personnes ont été tuées dans des fusillades avec la police.

"Nous ne sortons pas pour tuer les bandits, mais pour les arrêter et les livrer aux autorités judiciaires", a déclaré à IRIN un agent de police. Il a néanmoins indiqué que la police a été forcée de tirer "en légitime défense" lorsque des criminels ont ouvert le feu contre elle. "Nous allons poursuivre notre tâche consciencieusement, même si nous sommes critiqués par des gens qui ne comprennent pas toujours que notre mission est délicate", a ajouté l'agent de police, qui a requis l'anonymat.

Le chef de la sécurité nationale, Pierre Minlo Medjo, a affirmé récemment que la coopération avec les habitants de la ville était cruciale pour la réussite de l'opération. Il leur a demandé de dénoncer les suspects à la police, et de fournir aux agents de l'ordre toute information susceptible de les aider.

L'Opération Harmattan a impliqué des rafles policières soudaines dans les rues et les boîtes de nuit, des perquisitions de domiciles, et des vérifications de voitures et d'identité. Des barrages routiers ont aussi été érigés "pour s'assurer que les chauffeurs mal intentionnés ne s'échapperont pas", comme l'a indiqué une source policière.

"Généralement, quiconque ne porte pas de papiers d'identité est dans le pétrin", a affirmé Luther W, un chauffeur de taxi à Yaoundé. "Aujourd'hui, un chauffeur de taxi peut facilement être soumis à une douzaine de fouilles sur une seule autoroute en une seule journée".

Certaines sources accusent la police d'arrestations arbitraires et d'humiliations. Narcisse Kouokam, un artiste satirique de renom, a entamé une poursuite judiciaire contre la police pour le traitement qu'elle lui a infligé dans la nuit du 14 au 15 mars.

"J'ai été tiré du taxi comme un vulgaire criminel. Mes vêtements et mes affaires m'ont été arrachés. Ensuite, j'ai été sérieusement molesté, torturé et terrorisé", a-t-il déclaré à IRIN. "J'ai fait appel à un directeur de la police qui se trouvait sur les lieux pour qu'ils respectent mes droits, mais tout ce que j'ai recueilli, c'est des coups, des insultes, des menaces et de la haine, sans raison aucune".

Il a ajouté qu'il a été "très surpris et extrêmement choqué par ce qui est arrivé", car il avait «poliment présenté ses papiers à la police » lorsqu'elle a demandé à les voir.

"Je ne suis pas contre les mesures pour protéger les citoyens, mais je pense que le danger de l'insécurité ne devrait jamais justifier l'injustice, la brutalité policière et l'humiliation", a-t-il dit, ajoutant que certains policiers ont perdu le sens du bien ou du mal. "Ils doivent être punis conformément au droit, car un tel comportement barbare et d'intimidation est inadmissible dans un Etat qui est sous le régime du droit", a souligné M. Kouokan.

L'Opération Harmattan doit son nom à un vent chaud et sec qui souffle au sud du Sahara chaque année, traverse le nord du Cameroun et d'autres parties du Sahel. L'opération est effectuée au lendemain d'une vague d'homicides, d'attaques armées contre de hauts fonctionnaires publics et de braquages dans des administrations publiques à Yaoundé et à Douala.

Les incidents qui ont fait la une récemment incluent le meurtre en décembre 2001 dans la localité de Bamenda, au nord-ouest, du commandant d'une unité mobile de la police, et celui d'un magistrat, Paul Nkoe, abattu à son domicile à Yaoundé le 16 février 2002.

Il y a deux ans, également à Yaoundé, un autre magistrat, Louis Ndzie, a été tué, tandis que des diplomates ont été attaqués, au moment même où la police effectuait une opération au nom de code Vautour, également destinée à réduire les activités criminelles. Vers la même période, des crimes violents à Douala, notamment le meurtre d'un boucher français, avaient entraîné une riposte cinglante d'une unité spéciale de lutte contre le crime appelé le Commandement opérationnel. Les groupes de défense des droits de l'homme ont ultérieurement accusé l'unité d'exécutions sommaires, en particulier après la disparition de neuf jeunes que le Commandement opérationnel avait arrêtés.

Les raisons de la montée du crime au Cameroun, selon certains observateurs, résident entre autres dans l'absence de lumières dans les villes et les campagnes, la circulation non vérifiée d'armes, les meurtres vindicatifs, la pauvreté et le chômage.

Le crime est aussi devenu une question politique puisque les chefs de files des partis de l'opposition ont souvent lancé des appels publics au gouvernement pour qu'il « trouve une solution durable à ce problème inquiétant ».



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

We uncovered the sex abuse scandal that rocked the WHO, but there’s more to do

We just covered a report that says the World Health Organization failed to prevent and tackle widespread sexual abuse during the Ebola response in Congo.

Our investigation with the Thomson Reuters Foundation triggered this probe, demonstrating the impact our journalism can have. 

But this won’t be the last case of aid worker sex abuse. This also won’t be the last time the aid sector has to ask itself difficult questions about why justice for victims of sexual abuse and exploitation has been sorely lacking. 

We’re already working on our next investigation, but reporting like this takes months, sometimes years, and can’t be done alone. 

The support of our readers and donors helps keep our journalism free and accessible for all. Donations mean we can keep holding power in the aid sector accountable, and do more of this. 

Become a member today and support independent journalism

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join