Un tribunal de première instance avait condamné à mort par lapidation en octobre 2001 Safiya Husseini Tunga-Tudu, conformément au code de la chari'a. La condamnation fait suite à sa vaine tentative auprès d'un tribunal islamique tendant à obliger l'homme qu'elle a accusé de l'avoir violé et mise enceinte à verser une pension pour son enfant d'un an.
Le président du tribunal, le juge Muhammed Bello Silame, qui dirigeait quatre autres juges, a reporté la décision d'une semaine après avoir entendu la réponse du parquet concernant les dix recours en appel, déposés par la défense en janvier 2002.
Safiya a retiré une confession initiale reconnaissant que l'homme qui l'a violée était le père de son bébé. Au lieu de cela, elle a indiqué que son ex-époux, duquel elle est actuellement divorcée, était le père de son enfant. Hormis le fait de chercher à tirer avantage d'une disposition du droit musulman qui permet à une femme d'avoir un enfant de son mari sept ans après le divorce, l'avocat de la défense défie aussi la juridiction du tribunal de première instance de passer la sentence de mort.
L'affaire a suscité une condamnation de la part de la communauté internationale, et plusieurs gouvernements et organisations, notamment l'Union européenne, ont lancé un appel au président Olusegun Obasanjo, afin que la sentence ne soit pas exécutée.
Au cours des trois dernières années, plus d'une douzaine d'Etats du Nigéria, principalement dans le nord à prédominance musulmane, a introduit le code strict de la chari'a, qui dicte des peines telles que la mort pour adultère, l'amputation des membres pour vol et la flagellation en public pour des rapports sexuels avant le mariage ainsi que pour la consommation de boissons alcoolisées. Or, Safya serait la première à subir la mort par lapidation si elle perd son appel.
L'introduction du code musulman dans sa forme la plus stricte a exacerbé la tension religieuse dans le pays le plus peuplé de l'Afrique, pratiquement divisé en deux entre un sud, largement chrétien et non musulman, et le nord, essentiellement musulman, ce qui a abouti à des fréquentes flambées de violence religieuse. Bien que chrétien de naissance, M. Obasanjo a été réticent à intervenir au sujet de l'introduction du code juridique de la chari'a, invoquant la constitution fédérale du Nigéria, en vertu de laquelle les Etats peuvent établir leurs propres lois.
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