du procès de quatre Rwandais reconnus coupables au mois de juin par un
tribunal belge de crimes de guerre commis pendant le génocide rwandais de
1994 dans la ville de Sovu, en province de Butare, a rapporté jeudi l'Agence
rwandaise d'information (RNA). Le gouvernement prendrait en charge une
partie des frais de déplacement entre le Rwanda et Bruxelles encourus par
les témoins et les procureurs. Les quatre détenus, dont deux religieuses,
ont été condamnés le 8 juin à des peines d'emprisonnement allant de 12 à 20
ans par la Cour d'Assises de Bruxelles en Belgique. Il s'agit du premier
procès dans lequel un pays a jugé des crimes de guerre et des violations de
droits de l'homme commis par des étrangers sur un sol étranger. La Belgique
a voté une loi en 1993 donnant juridiction aux tribunaux belges sur les
violations des conventions de Genève sur les crimes de guerre quel que soit
l'endroit où sont commis ces crimes.
Parmi les groupes qui ont envoyé des témoins à Bruxelles, figurent : Justice
sans frontières, IBUKA (l'association des survivants du génocide) et AVEGA
(l'association des veuves du génocide), d'après un responsable du ministère
de la Justice, Albert Basongera, cité par RNA. "Les témoins ont demandé au
gouvernement rwandais de prendre en charge une partie des frais, s'élevant à
plus d'un million de francs belges [près de 22 000 dollars], utilisés
principalement pour le transport des témoins à Bruxelles, et leurs frais de
séjour," a expliqué M. Basongera.
Au terme de ce procès, Alphonse Higaniro, 52 ans, ancien ministre et
directeur d'une fabrique d'allumettes, a reçu la plus longue peine, soit 20
ans d'emprisonnement. Vincent Ntezimana, 39 ans, ancien professeur de
l'Université de Butare, a reçu une peine de 12 ans ; et les deux nonnes
Consolata Mukangango, 42 ans, et Julienne Mukabutera, 36 ans, connues sous
le nom de Soeurs Gertrude et Maria Kisito, du couvent des bénédictines de
Sovu, ont reçu des peines respectives de 15 et 12 ans. Les quatre coupables
sont originaires de Butare au sud du Rwanda où ont été commis leurs crimes.
Ils vivaient en Belgique depuis le génocide de 1994 au cours duquel au moins
800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés.
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