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"Il est temps de conclure l'affaire Taylor" - Mme Sirleaf

Le Liberia a demandé l’extradition du Nigeria de l’ancien chef d’Etat libérien Charles Taylor, a indiqué vendredi la présidence nigériane.

Dans un communiqué rendu public, le cabinet du Président Olusegun Obasanjo indique que la nouvelle Présidente élue, Ellen Johnson-Sirleaf, a adressé « une demande officielle » d’extradition de l’ancien chef de guerre.

En visite aux Etats-Unis, la Présidente libérienne a déclaré au Conseil de sécurité des Nations unies qu’il est « temps de conclure maintenant ».

Poursuivi pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), M. Taylor, s’était enfui au Nigeria en 2003 face à l’avancée des forces rebelles sur la capitale Monrovia et après plusieurs injonctions des Etats-Unis, l’invitant à quitter le pouvoir.

La démission de M. Taylor a été un élément décisif pour la signature de l’accord de paix de 2003 qui a mis fin à 14 années de guerre civile au Liberia, et bien que sa comparution devant le tribunal ait été demandée à plusieurs reprises, M. Obasanjo a toujours indiqué qu’il n’extraderait M. Taylor que si un gouvernement libérien démocratiquement élu en faisait la demande.

Et en novembre 2005, Mme Johnson-Sirleaf a été élue présidente à l’issue des premières élections démocratiques organisées dans le pays depuis la signature de l’accord de paix.

« Conformément à la promesse qu’il avait faite d’étudier toute demande officielle d’extradition de l’ancien président Charles Taylor par un gouvernement libérien démocratiquement élu, le Président Olusegun Obasanjo a informé le Président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) de requête de la Présidente (Ellen) Johnson-Sirleaf », indique le communiqué.

Le Nigeria consultera l’Union Africaine et la CEDEAO avant de répondre à la demande de Mme Sirleaf, précise le communiqué.

Si Corinne Dufka, représentante de Human Rights Watch à Dakar, au Sénégal, se félicite de la demande de Mme Sirleaf qu’elle considère comme étant une « étape très importante », elle critique néanmoins l’attitude du gouvernement nigérian qui envisage de demander l’avis des institutions régionales avant de se prononcer.

« Le Nigeria doit répondre favorablement à la demande d’extradition. Nous ne pensons pas qu’[Obasanjo] a besoin de l’approbation de l’Union africaine ou de la CEDEAO », a ajouté Mme Dufka.

A Freetown, la capitale sierra léonaise, les représentants du tribunal spécial ont aussi bien accueilli la nouvelle.

« C’est un progrès significatif à plus d’un titre – nous sommes heureux de constater que les choses avancent, enfin, et souhaitons aussi qu’une solution soit trouvée le plus rapidement possible », a confié à IRIN l’Assistant spécial du Procureur du TSSL.

Le TSSL dont la mission prend fin en 2007, fait face actuellement à une grave crise financière et son budget ne lui permet de tenir que trois ou quatre mois de plus. Toutefois, si M. Taylor était traduit devant cette juridiction, les bailleurs de fonds apporteraient probablement une contribution financière substantielle pour permettre la tenue du procès de l’ancien chef de guerre, a expliqué Athwal.

« Il faudrait six mois pour organiser et ouvrir son procès … [mais] si M. Taylor était extradé en avril, son procès se terminerait en même temps que celui de autres accusés », a précisé Athwal, ajoutant que la durée de la mission de la Cour pourrait être prolongée si on était sûr que M. Taylor serait traduit devant le TSSL.

Mais dans les rues de Monrovia, la capitale libérienne, où certains craignent que l’arrestation de M. Taylor ne ravive des tensions, les réactions sont mitigées.

« Nous nous sommes battus pour chasser M. Taylor du pouvoir, et il est parti. Le Liberia vit en paix maintenant », a déclaré Swaliho Mansaray, 30 ans, ex-combattant du LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie), un mouvement créé à l’origine pour renverser M. Taylor.

« Il est injuste de le traduire devant la justice pour des crimes commis en Sierra Leone. Nous n’y sommes pas favorables. Les Sierra Léonais et les Libériens ont décidé d’oublier le passé », a-t-il ajouté.

Mais d’autres veulent voir Charles Taylor comparaître devant le tribunal : « Taylor nous a trop fait souffrir dans ce pays et a contribué à la destruction de la Sierra Leone juste pour ses diamants », a déclaré Jerry Carter, un vendeur de produits cosmétiques dans les rues dévastées de Monrovia. « Il est temps pour lui de faire face à la justice pour tous les crimes qu’il a commis ».

Bien que Charles Taylor ait quitté le Liberia, beaucoup de ses anciens alliés, y compris son ex-épouse, ont été élus au Parlement et au Sénat après les premières élections organisées l’année dernière depuis la fin de la guerre civile.

Selon Lawrence George, président de l’ancien parti de Charles Taylor, le Parti National Patriotique (NPP), le sort de l’ancien Président doit être débattu au Parlement.

« Maintenant que le gouvernement nigérian a confirmé la réception de la demande officielle d’extradition de M. Taylor, il revient à toutes les parties prenantes – leaders politiques locaux, institutions régionales et communauté internationale – de décider ensemble, mais pas seulement au Président », a expliqué M. George.

Le NPP a déjà demandé que l’affaire soit débattue au Parlement, a ajouté M. George. Mme Sirleaf est élue à la Présidence, mais son parti, le Parti de l’unité, n’a pas la majorité au Parlement.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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