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Polémiques autour de la nomination de certains membres du gouvernement de Mme Sirleaf

Alors que la plupart des postes ministériels et des hauts fonctionnaires du gouvernement libérien sont pourvus, certaines nominations de Mme Johnson-Sirleaf ont déclenché des vagues de protestation, en particulier celle d’un chef d’Etat-major d’origine étrangère.

Samedi, lors de la commémoration de la journée des Forces armées, Mme Sirleaf a annoncé la nomination de Luka Yusuf, l’ancien commandant nigérian de la MINUL - mission des Nations unies au Liberia – à la tête de l’armée libérienne pour mener à bien le programme de restructuration et de formation des troupes libériennes. Cette nomination avait alors déclenché de la colère de certains officiers de l’armée.

Et d’autres nominations de hauts fonctionnaires de l’Etat, dont celle de l’ancienne Présidente de la Commission électorale nationale, Frances Johnson-Morris, au poste de ministre de la Justice, ont vivement été critiquées par Georges Weah, le rival de Mme Sirleaf aux élections présidentielles de l’année dernière.

Mme Sirleaf, première Présidente élue en Afrique, a déjà pourvu 20 des 22 portefeuilles ministériels de son gouvernement qui compte quelques femmes nommées notamment à la tête du ministère de la Justice, du Commerce, de la Jeunesse et des sports, de la direction de la police nationale, de bureau d’audit, et de la commission de rapatriement et de réinsertion des réfugiés.

Sur le plan militaire, Mme Sirleaf a indiqué qu’elle avait sollicité l’aide du gouvernement du Nigeria pour la nomination d’un officier nigérian à la tête l’armée libérienne qui est actuellement en pleine restructuration.

Au cours de la cérémonie militaire du week-end dernier, la Présidente a déclaré que l’appareil de sécurité libérien « n’a ni les moyens techniques et opérationnels ni les compétences pour assurer sa propre défense et la sécurité nationale ».

Mais pour certains ex-officiers de l’armée la décision de Mme Sirleaf est une «gifle pour l’armée libérienne ».

« Il y a encore beaucoup d’anciens généraux de l’armée bien formés et expérimentés au Liberia et la Présidente aurait dû choisir l’un deux pour la fonction de Chef d’Etat-Major plutôt quelqu’un officier nigérian », a déclaré mardi à la presse Wolo Nagbe, ancien colonel de l’armée libérienne.

Pour l’ancien lieutenant Eric Zubah, « cela signifie que [la Présidente Sirleaf] n’a confiance en aucun soldat libérien. Avoir un étranger à la tête de l’armée nationale est une insulte à l’armée libérienne et une violation de la Constitution ».

La restructuration des forces armées est l’une des tâches prioritaires de la reconstruction du Liberia. En effet, pendant la guerre civile, il était pratiquement impossible de distinguer les soldats loyalistes des combattants rebelles, ce qui explique que la décision de Mme Sirleaf ait bien été accueillie par beaucoup de Libériens.

« Les gens devraient comprendre que ce pays a connu 14 années de guerre civile durant lesquelles même les officiers supérieurs de l’armée ont choisi leur camp. Il était donc prudent pour la Présidente de nommer quelqu’un de neutre, capable de remplir les fonctions de Chef d’Etat-Major », a déclaré le commandant Vamplah Torzor, du groupe des dix ex-officiers réunis mardi au ministère de la Défense et qui a approuvé cette décision.

Selon le secrétaire du Sénat, une commission spéciale de la défense et de la sécurité nationale examinera la nomination et rendra ses conclusions au Sénat la semaine prochaine.

Quant à M. Weah, il a estimé que la nomination de l’ancienne Présidente de la Commission électorale nationale au poste de ministre de la Justice était en fait une récompense.

Mme Johnson-Morris avait proclamé les résultats du second tour des élections présidentielles de novembre 2005 et annoncé que Mme Sirleaf avait battu l’ancienne gloire du football, en remportant le scrutin avec 18 pour cent d’avance. Le parti du Congrès pour le changement démocratique (CDC) de Weah avait alors contesté ces résultats, alléguant que le scrutin avait été entaché de fraudes massives.

« Les émotions et sentiments exprimés par Mme Johnson-Morris pendant les élections ont été la preuve manifeste de sa partialité. En conséquence, le CDC estime qu’elle n’est pas apte à garantir une justice équitable et impartiale dans ce pays », a déclaré le CDC.

La nomination de Mme Johnson-Morris doit encore être confirmée par le Sénat qui, à ce jour, a approuvé la nomination de neuf ministres, dont celle d’Antoinette Sayeh, la ministre des finances, de Francis Karpeh, le vice-ministre des finances chargé de l’administration et de Joseph Kortoe, le ministre de l’Education.

M. Weah et son parti sont également consternés par la nomination de Kabineth Janneh, un ancien leader du groupe rebelle du LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie), au poste de juge à la Cour suprême.

Selon Acarous Gray, porte-parole du CDC, la nomination de M. Janneh va à l’encontre des engagements de Mme Sirleaf de passer au crible les compétences, l’intégrité et les antécédents en matière de droits de l’homme de tous les futurs hauts fonctionnaires du gouvernement.

« Janneh a dirigé l’aile politique du LURD et lorsque le LURD a attaqué la ville en 2003, Janneh défendait à la radio les bombardements aveugles du LURD qui ont tué des centaines de civils innocents dans la ville », a indiqué M. Gray.

« Nous ne pouvons accepter que cet homme siège à la Cour suprême, en raison de ses antécédents en matière de violation des droits de l’homme ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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