Les ministres, leur personnel et les députés du parlement ont fait de même en s’emparant de nombreux biens de l’Etat et en dépouillant les bureaux de tout leurs mobiliers.
« Ici, dans le bâtiment du Capitole, d’anciens membres du NTLA [Assemblée nationale législative de transition] ont emporté les tapis des bureaux qu’ils occupaient, ainsi que le mobilier acheté par l’Etat », a indiqué Angie Coleman, un membre du personnel du Capitole.
Certains députés sortants ont expliqué que le mobilier et les équipements qu’ils emportaient leur appartenaient, a déclaré à IRIN un autre membre du personnel.
« Nous savons qu’ils mentent car nous étions là lorsque l’Etat a émis les bons d’achat pour payer ces mobiliers, tapis et équipements, pendant la période où ils étaient députés … Et ils les ont emportés en plein jour, sans aucun remords », a-t-il ajouté.
D’anciens députés ont même échangé les plaques minéralogiques de leurs voitures de fonction, des 4x4 Cherokee allouées par l’Etat, contre des plaques privées, et se déplacent dans la capitale Monrovia, sous le regard excédé des résidents en colère.
« C’est injuste pour les contribuables que nous sommes ! Ils n’ont pas le droit de transformer des véhicules de l’Etat en véhicules privés. Et puisqu’ils n’ont pas acheté ces voitures, pourquoi portent-elles des plaques privées », s’est plaint Johnny Edwards à IRIN.
En novembre, les 76 membres du parlement de transition, qui, conformément à l’accord de paix signé en 2003, était composé d’anciens rebelles et de représentants de la société civile, ont tenté de faire passer une loi leur permettant de garder leurs véhicules officiels.
Cette tentative fut condamnée par le président du gouvernement de transition, Gyude Briant, et par l’ambassadeur des Etats-Unis Donald Booth, qui avait prévenu que tout représentant du gouvernement qui quitterait ses fonctions en emportant avec lui son véhicule de fonction, ne pourrait plus obtenir de visa pour les Etats-Unis.
Mme Sirleaf, qui, dans son discours d’investiture, avait promis de combattre la corruption, a pris l’engagement d’effectuer un audit financier pour récupérer tous les biens de l’Etat qui ont été pillés.
« Ceux qui sont en possession de [biens de l’Etat] doivent les restituer au gouvernement pour éviter tout ennui. Il s’agit de propriétés de l’Etat et nous allons les récupérer », a déclaré la présidente lors de sa première conférence de presse, vendredi.
Bien que riche en ressources naturelles, le Liberia est l’un des pays les plus pauvres de la planète, et les immeubles de la capitale Monrovia portent encore les stigmates des quatorze années de guerre civile. Et pour se faire de l’argent, les jeunes combattants drogués, les milices pro-gouvernementales ou les rebelles passaient leur temps à piller.
Outre la lutte contre la corruption, la nouvelle présidente élue a aussi inclus dans ses priorités le rétablissement de l’électricité et de l’eau courante dans la capitale.
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