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Libération des quatre otages étrangers des militants Ijaws

Les quatre ressortissants étrangers travaillant pour le géant pétrolier Royal Dutch Shell et retenus en otages par des militants Ijaws du Mouvement d’émancipation du Delta du Niger ont libérés lundi après dix-neuf jours de détention.

Mais pour les miliciens, qui se battent pour contrôler des revenus du pétrole produit dans la région, cette libération est un geste purement humanitaire et le combat pour l’interruption radical des exportations de pétrole du Nigeria continuera.

Les quatre otages ont été libérés sains et saufs, a indiqué dans un communiqué Stephen Dick, vice président le Tidewater Inc., une société de services américaine travaillant pour le compte Royal Dutch Shell.

Les collaborateurs de Tidewater, l’Américain Patrick Landry, le Hondurien Harry Ebanks et le Bulgare Milko Nichev, et le Britannique Nigel Watson Clark, employé d’Ecodrill, ont été relâchés à l’aube, lundi matin.

« Ils subiront tous un examen médical avant de retrouver leurs familles », a précisé M. Dick.

Le Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger, un nouveau groupe de rebelles Ijaws, a revendiqué une série d’attaques sur les plates-formes pétrolières qui ont fait plus de 12 morts les deux dernières semaines. Dans un communiqué transmis à IRIN par courrier électronique, le groupe a indiqué que les otages ont libérés pour des raisons “purement humanitaires.”

Selon le groupe, cette libération ne signifie pas un cessez-le-feu ou un assouplissement de leur détermination à détruire les installations pétrolières du Nigeria, premier pays africain exportateur de pétrole.

Selon les autorités de l’Etat de Bayelsa, où les attaques se sont produites, les otages ont été remis aux représentants du gouvernement dans un endroit tenu secret, dans une zone marécageuse du delta. Les quatre hommes, accompagnés du gouverneur Goodluck Jonathan, ont ensuite rejoint par avion la capitale Abuja où le président Olusegun Obasanjo envisageait de les confier à leurs missions diplomatiques.

M. Obasanjo n’a pas cédé aux revendications du MEND qui, en échange des otages, exigeait la libération du chef de milice Moujahid Dokubo-Asari, arrêté pour trahison, et d’autres leaders Ijaws incarcérés.

Le groupe de militants a indiqué qu’il poursuivrait le combat pour que son peuple puisse contrôler les revenus du pétrole gérés actuellement par le gouvernement central et les compagnies pétrolières.

« Nous mènerons bientôt d’autres attaques de plus grande envergure pour atteindre notre objectif de février qui est de réduire de 30 pour cent les capacités d’exportation du Nigeria », a affirmé le groupe, en conseillant à tous les expatriés travaillant dans l’industrie pétrolière de quitter le pays.

Selon les professionnels du secteur et les défenseurs des droits de l’homme, la violence des groupes de militants dans la région du delta du Niger a atteint un nouveau palier et certains la considèrent comme une forme de « guérilla ».

Les tensions sont particulièrement vives dans le delta du Niger depuis l’arrestation en septembre dernier et l’inculpation pour trahison de Dokubo-Asari, le chef de file charismatique de la milice de la région.

Le mouvement de Dokubo-Asari, les Forces volontaires du peuple du delta du Niger (NDPVF), a pris les armes en 2004 pour défendre les intérêts des Ijaws, le groupe ethnique le plus important de la région, accusant les gouvernements successifs d’avoir privé les populations pauvres de la région de la manne pétrolière.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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