Selon Bayo Ojo, le ministre de la justice, ce projet de loi répond aux inquiétudes du président Olusegun Obasanjo à propos des relations homosexuelles et des mariages entre personnes de même sexe dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
« Il n’est pas dans les coutumes africaines d’entretenir une relation [sexuelle] avec quelqu’un du même sexe et cette pratique est interdite dans les livres saints, la Bible et le Coran », a déclaré M. Ojo à la presse mercredi.
Si ce projet de loi est adopté, les relations homosexuelles et le mariage entre personnes de même sexe seront considérés comme des délits passibles d’une peine de cinq ans d’emprisonnement. Les prêtres ou les autres membres du clergé, et toute autre personne qui favoriseront ce genre d’union seront également passible de la même peine.
Le projet de loi interdirait également la promotion des droits des homosexuels, a ajouté le ministre de la justice.
Dans un article diffusé sur Internet, le journal Nigeria First indiquait que « cette loi progressiste a pour but de refreiner l’homosexualité et le lesbianisme, des comportements pervers qui sont de plus en plus tolérés dans les pays occidentaux ».
Mais pour les défenseurs des droits des homosexuels, ce projet de loi constitue une violation flagrante des droits de l’homme.
« Nous le condamnons énergiquement » a déclaré à IRIN un activiste qui a requis l’anonymat. « Nous sommes des Nigérians et avant tout des êtres humains. C’est un problème qui touche aux droits de l’homme. Nous vivons ici et nous faisons partie du Nigeria ».
Selon les activistes, le gouvernement a probablement été consterné par la déclaration d’un groupe de défense des droits des gays et lesbiennes, lors de la conférence sur le VIH/SIDA qui s’est tenue récemment à Abuja, la capitale, appelant les autorités nigérianes a prendre en compte les besoins de la communauté homosexuelle.
Au Nigeria, l’homosexualité est unanimement condamnée par la majorité des musulmans du Nord et chrétiens du sud.
Dans les 12 états du Nord qui ont commencé à appliquer en la Sharia - la loi islamique - en 2000, toute relation homosexuelle est passible d’une condamnation à mort par lapidation – mais cette sanction n’a pas encore été appliquée.
La décision du gouvernement de considérer les relations homosexuelles et le mariage entre personnes de même sexe comme des délits intervient à un moment où l’Eglise anglicane du Nigeria mène une campagne mondiale de protestation contre les mariages entre personnes de même sexe et l’ordination de prêtres homosexuels en occident. Cette Eglise, qui compte 17 millions de membres, est la seconde église la plus importante au monde, après l’Eglise d’Angleterre.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions