1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique australe
  4. Angola

Les forces de l’ONU remettent à la police ivoirienne les auteurs de l’attaque sur Logoualé

Map of Cote d'lvoire
La moitié nord ivoirienne sous contrôle rebelle manque de moyens pour lutter contre le sida (IRIN )

Les forces onusiennes de maintien de la paix en Côte d’Ivoire ont remis aux autorités ivoiriennes les 85 combattants de la milice pro-Gbagbo arrêtés lors de l’attaque qu’ils ont lancée la semaine dernière sur Logoualé, une localité située dans la zone sous contrôle des Forces nouvelles.

Dans un communiqué, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a indiqué que les 85 hommes ont été remis jeudi à la police de la ville de Guiglo afin que des poursuites judiciaires soient engagées contre eux.

Dans ses colonnes, le quotidien abidjanais, Les Echos du Matin, précisent que les miliciens ont été transférés à bord d’hélicoptères des Nations unies de la ville rebelle de Man vers Guiglo, où ils ont été accueillis triomphalement par les autorités et la population locales.

Selon le général Abdoulaye Fall, commandant les 6000 hommes des forces de maintien de la paix de l’ONU, certains combattants arrêtés lundi après l’attaque de la localité de Logoualé ont avoué qu’ils ont été envoyés par Charles Blé Goudé, le chef de file des Jeunes Patriotes, un groupe de jeunes miliciens proche du président Gbagbo.

"Les combattants appartenaient à plusieurs groupes ethniques", a déclaré jeudi à la presse le général sénégalais. "Nous les avons interrogés et certains d’entre eux ont avoué qu’ils étaient des jeunes patriotes venus d’Abidjan sur les ordres de Blé Goudé".

"Certains venaient de Douékoué, d’autres de Guiglo", a-t-il ajouté. Ces deux villes de l’ouest de la Côte d’Ivoire sont sous le contrôle des autorités ivoiriennes et les milices pro-Gbagbo y sont très actives depuis que le pays a sombré dans la guerre civile en septembre 2002.

En février, Blé Goudé avait fait une tournée dans la région Ouest très instable de la Côte d’Ivoire peu de temps avant l’attaque sur la localité de Logoualé, un poste avancé des forces rebelles sur la ligne de front, à 520 km au Nord-Ouest d’Abidjan.

Selon l’ONUCI, deux mineurs de 10 et 12 ans figurent parmi les combattants arrêtés lors de l’attaque sur Logoualé. Ils ont été confiés au Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

Un témoin militaire présent dans la zone des combats déclare avoir vu 15 corps, alors que les Forces nouvelles indiquent que 32 personnes seraient mortes au cours des affrontements.

L’attaque sur Logoualé est la première rupture sérieuse de la trêve entre les forces gouvernementales et les rebelles qui contrôlent le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis que l’armée de l’air ivoirienne a lancé une série de raids sur des positions rebelles le 4 novembre dernier.

Ces raids, dont l’objectif était d’affaiblir certaines positions des Forces nouvelles avant une attaque terrestre d’envergure, ont été subitement interrompus après que les forces françaises de Licorne eurent détruit au sol les moyens aériens de la petite flotte de l’armée de l’air ivoirienne.

Une nouvelle milice revendique la responsabilité de l’attaque

La responsabilité de l’attaque sur Logoualé a été revendiquée par le Mouvement Ivoirien de libération de l’Ouest de la Côte d’Ivoire (MILOCI), une nouvelle milice dirigée par le pasteur Gammi.
Gammi a accusé les troupes françaises d’avoir empêché ses éléments d’évoluer vers la prise de Logoualé et a menacé de prendre prochainement pour cible les 4 000 hommes des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire.

Ces menaces ont été réitérées vendredi dernier par Mao Glofiei, le chef du Front de libération du Grand-ouest (FLGO), un autre mouvement de miliciens pro-Gbagbo de la région Ouest de la Côte d'Ivoire.

“Le FLGO se réserve le droit de donner une réponse très rigoureuse à la France et de s’en prendre à ses intérêts et symboles sur l’étendue du territoire ivoirien pour réparer l’immense tort fait à la Côte d’Ivoire par le [président français] Jacques Chirac et ses soldats assassins”, a indiqué Glofiei dans un communiqué repris par plusieurs quotidiens nationaux.

Selon les mouvements proches du gouvernement, les troupes françaises ont empêché la milice de progresser vers le Nord, de Logoualé vers Man, une ville rebelle stratégique située à 40 km au Nord-Ouest.

Pour l’ONUCI, les troupes françaises n’ont fait qu’apporter leur concours aux soldats bengalais de la force de maintien de la paix de l’ONU à Logoualé. Le colonel Henri Aussavy, porte-parole militaire de la force Licorne en Côte d'Ivoire, a catégoriquement démenti les allégations selon lesquelles les troupes françaises auraient ouvert le feu sur les miliciens de la MILOCI.

S’exprimant publiquement pour la première fois sur les incidents de Logoualé, Blé Goudé a nié avoir le moindre lien avec les combattants arrêtés par les troupes de l’ONU. Toutefois, il a annoncé un grand rassemblement des Jeunes patriotes le 13 mars pour débattre des prochaines manifestations anti-françaises qu’il compte organiser.

“Les Troupes françaises de Licorne doivent quitter la Côte d’Ivoire d’ici le 4 avril. Que cela soit très clair", a déclaré à la presse Blé Goudé. "Nous allons demander le départ de l’armée française et utiliserons tous les moyens nécessaires”.

Le mandant actuel des forces onusiennes et françaises de maintien de la paix expire le 3 avril. La France a fait savoir qu’elle ne comptait pas maintenir ses troupes en Côte d’Ivoire au-delà de cette période si le président Gbagbo, l’Union africaine et les Nations unies ne le demandaient pas explicitement.

La France avait introduit un projet de résolution au Conseil de sécurité pour appuyer la demande du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan d’envoyer 1 200 hommes de troupes supplémentaires en Côte d'Ivoire.

Entre temps, le président sud-africain Thabo Mbeki qui entreprend depuis quatre mois une mission de médiation entre le gouvernement et les rebelles, a annoncé jeudi dernier qu’il dépêcherait cette semaine en Côte d’Ivoire son Ministre de la Défense, Mosiua Lekota.

Après s’être entretenu dans la ville du Cap avec le Premier ministre ivoirien Seydou Diarra, Thabo Mbeki a indiqué que Lekota mènerait une délégation qui tentera de reviser certaines lois pour qu’elles soient conformes à l’esprit des accords de paix de Linas Marcoussis signé en 2003 et considérés encore par la communauté internationale comme la seule base d’un règlement de la crise politique en Cote d'Ivoire.

Réagissant à l’attaque de la localité de Logoualé, les Forces nouvelles avaient déclaré dans un premier temps que les efforts de médication du président sud-africain étaient définitivement enterrés. Mais jeudi, elles revenaient sur leur position.

"Les Forces nouvelles sont toujours attachées aux différentes initiatives de médiation, notamment à la médiation sud-africaine", a indiqué à Bouaké le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

It was The New Humanitarian’s investigation with the Thomson Reuters Foundation that uncovered sexual abuse by aid workers during the Ebola response in the Democratic Republic of Congo and led the World Health Organization to launch an independent review and reform its practices.

This demonstrates the important impact that our journalism can have. 

But this won’t be the last case of aid worker sex abuse. This also won’t be the last time the aid sector has to ask itself difficult questions about why justice for victims of sexual abuse and exploitation has been sorely lacking. 

We’re already working on our next investigation, but reporting like this takes months, sometimes years, and can’t be done alone.

The support of our readers and donors helps keep our journalism free and accessible for all. Donations mean we can keep holding power in the aid sector accountable, and shine a light on similar abuses. 

Become a member today and support independent journalism

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join