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Libération de nouveaux suspects de génocide

[Rwanda] Prisoners crowded into Kigali's central prison, 1995.
Prisoners crowded into Kigali's central prison, 1995. (IRIN)

Le Rwanda a libéré mardi 19 276 suspects de génocide, dans le cadre du processus en cours pour décongestionner les prisons surpeuplées du pays.

Le directeur de l'administration judiciaire, Hannington Tayebwa, a indiqué mercredi à IRIN que la plupart des prisonniers relâchés avaient avoué leurs crimes et avaient été jugés avant l'instauration du système judiciaire des Gacaca lancé au Rwanda en 2002.

Les tribunaux Gacaca se basent sur un système judiciaire rwandais traditionnel où la communauté - au niveau villageois - juge les accusés lors de séances publiques tenues au niveau de la cellule, la plus petite unité administrative du pays. En 2002, les Rwandais ont pu élire les juges des Gacaca parmi les membres de la communauté.

M. Tayebwa a fait savoir que l'opération de mardi avait porté le nombre total de prisonniers libérés à 21 130 depuis le 10 janvier dernier.

Le président rwandais Paul Kagamé a émis un décret le 1er janvier, autorisant la libération provisionnelle des prisonniers, pour la plupart les personnes âgées, les malades, les personnes étant mineures au moment des violences, et les personnes n'étant pas impliquées dans la planification du génocide.

Parmi les prisonniers libérés mardi, 12 628 personnes appartenaient aux deuxième et troisième catégories de la liste des suspects de génocide préparée par le gouvernement; 1 966 personnes avaient été acquittées par les Gacaca; 1 792 personnes avaient avoué leurs crimes et avaient été jugées devant les tribunaux Gacaca; 1 116 personnes étaient mineures (entre 14 et 18 ans) lors du génocide en 1994; 937 personnes avaient été jugées coupables de crimes non liés au génocide; 105 étaient d'anciens rebelles; 302 personnes avaient été relaxées par le bureau du procureur; et 302 autres personnes étaient passées aux aveux, leurs dossiers étant déjà dans les tribunaux nationaux.

Le gouvernement rwandais a établi une liste de suspects de génocide qui se divise en quatre catégories, allant des présumés instigateurs et des assassins aux pilleurs et aux personnes ayant commis des délits moins graves. Les personnes figurant dans la première catégorie sont passibles de la peine de mort s'ils sont jugés au Rwanda, ou risquent la prison à vie s'ils sont jugés devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, sis à Arusha, en Tanzanie.

M. Tayebwa a expliqué que les prisonniers libérés mardi seraient tout d'abord envoyés deux mois dans des "camps de solidarité" avant de pouvoir regagner leurs communautés. Les camps doivent commencer leur processus de rééducation vendredi.

Chaque province possède un camp de solidarité, où les prisonniers recevront une formation dans plusieurs domaines visant à les réintégrer dans la communauté. "Ils recevront entre autres apprentissages, un enseignement sur le processus de réconciliation et l'histoire du génocide, " a indiqué à IRIN M. Tayebwa. Il a précisé que certaines provinces telles que Gitarama et Butare avaient plus d'un camp de solidarité.

Le génocide, qui a eu lieu d'avril à juillet 1994, a fait environ 800 000 morts.

Le système de justice des Gacaca a été lancé afin d'accélérer les procès pour génocide et de décongestionner les prisons surpeuplées, qui abritent des centaines de milliers de prisonniers depuis la chute de l'ancien gouvernement en 1994.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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