« La situation nutritionnelle des individus aurait pu être améliorée, mais il sera difficile de mesurer l’impact au niveau de la population, car de nombreux facteurs affectent la nutrition », a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM) au Kenya.
Récemment, le ministre de la Santé et ses partenaires ont noté que les taux de malnutrition aigüe globale étaient supérieurs au seuil d’urgence de 15 pour cent établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les districts du Mandera Centre, du Wajir Sud et du Wajir Est. Le district du Mandera Ouest a enregistré des taux record de plus de 25 pour cent.
« En raison des taux élevés d’illettrisme qui sont caractéristiques de la région, la plupart des gens, particulièrement les femmes, [ne peuvent pas] s’assurer que les enfants ont un régime équilibré. En conséquence, la malnutrition est courante », a dit à IRIN Enrico Eminae, coordonnateur régional d’ActionAid dans le nord-est du Kenya.
Ce point de vue est repris dans le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Kenya du mois d’août : « Les améliorations réalisées dans le domaine de la sécurité alimentaire des ménages ne se sont pas concrétisées par une réduction significative des taux de malnutrition infantile dans les districts du nord-est ».
Selon M. Eminae, la situation exige le développement de sources de revenu alternatives et des changements dans les habitudes alimentaires. « Afin de produire des revenus, le lait, les haricots, les haricots mungo et les œufs sont vendus pour acheter du maïs, de la farine de blé et du riz. Ainsi, les aliments nutritifs sont vendus pour acheter et consommer uniquement des féculents », a-t-il dit. « La plupart des gens de la région préfèrent la nourriture qu’on peut préparer facilement, rapidement et avec le moins d’eau possible. Cette nourriture se compose en grande partie de féculents, [comme] la farine de maïs, le riz, les [pâtes alimentaires] et la farine de blé ».
Le nombre de têtes de bétail ayant diminué, les fermiers n’ont plus accès au lait, à la viande et au sang qui constituaient leur alimentation. Les centres médicaux sont peu nombreux. L’eau est rare et la migration des troupeaux implique qu’il n’y a pas de lait pour les enfants.
« Le faible développement de cette région reste le principal problème, comme en témoignent le manque d’infrastructures et de services, et leur dégradation », a fait remarquer Benoît Collin, directeur du programme de préparation aux catastrophes de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). « Dans cette région, l’une des approches possibles de ce problème complexe est l’amélioration de la disponibilité et de l’accès aux ressources naturelles, et notamment à l’eau ».
Selon le PAM au Kenya, la maladie « et la malnutrition fonctionnent en synergie, si bien qu’une augmentation de l’une entraîne une augmentation de l’autre ».
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