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La moitié de la population rurale a besoin d’aide alimentaire

[Djibouti] Food donated by Djiboutian businessmen for drought-affected people, at a collection centre in Djiboutiville. [Date picture taken: 02/13/2006] Omar Hassan/IRIN
Les stock de vivres du PAM sont épuisés
La moitié de la population rurale de Djibouti aura besoin d’aide alimentaire d’urgence cette année en raison des effets combinés de la sécheresse, des pertes de bétail, de la dégradation des termes de l’échange bétail contre céréales et des prix élevés des aliments de base, d’après une évaluation réalisée par le gouvernement et des agences des Nations Unies.

« La plupart des éleveurs a perdu une proportion considérable de son bétail [70 à 80 pour cent] au cours des cinq dernières années, ont souffert de la diminution de leurs sources de nourriture et de revenus, et ont épuisé toutes leurs stratégies d'adaptation », a dit Peter Smerdon, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies à Nairobi.

« L’évaluation a estimé que la malnutrition aiguë globale chez les enfants de moins de cinq ans [dans les zones rurales] était de 20 pour cent, ce qui est supérieur au seuil d’urgence, fixé à 15 pour cent ».

L’évaluation a été réalisée suite à une alerte émise en janvier par le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET). Elle a permis de conclure que 120 000 personnes – soit la moitié de la population rurale – auraient besoin d’une aide humanitaire jusqu’à décembre, comprenant une aide alimentaire et un soutien aux moyens de subsistance, des interventions dans le domaine de la nutrition, un approvisionnement en eau, et une assistance dans le domaine de la santé. En outre, des programmes de reconstitution des stocks et de constitution de patrimoine sont nécessaires à moyen terme.

« L’évaluation a recommandé d’augmenter le nombre de personnes recevant une aide alimentaire », a dit M. Smerdon à IRIN. « C’est pourquoi à partir d’avril, le PAM a fait passer de 26 000 à 48 500 le nombre de personnes recevant de la nourriture à travers les distributions alimentaires générales. Cependant, cette réponse rapide n’est ni suffisante ni durable, et le PAM sera confronté en août à une rupture de son approvisionnement s’il ne reçoit pas d’urgence de nouvelles contributions ».

D’après FEWS NET, la plupart des ménages pauvres vivant de l’élevage sont dans une situation de grande insécurité alimentaire. L’organisme anticipe en outre une aggravation de l’insécurité alimentaire dans les zones pastorales situées près des frontières nord-ouest et sud-est, en raison de l’insuffisance des ressources naturelles et de l’inadéquation de l’aide alimentaire au cours des six prochains mois.

« Les ménages urbains pauvres seront probablement confrontés à une insécurité alimentaire extrême, car la période de soudure (juin à août) approche », a noté FEWS NET dans une communication datée du 22 avril. L’organisation a attribué cette situation au taux de chômage élevé, au déclin des activités de petit commerce, aux prix des aliments de base qui sont supérieurs à la moyenne, à l’augmentation des migrations des régions rurales vers les zones urbaines, et à la fermeture des écoles. D’après FEWS NET, les pénuries d’eau dans la ville de Djibouti s’aggraveront également au cours des prochains mois.

De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a dit que les précipitations favorables pourraient atténuer la gravité de la situation. En février, des pluies non saisonnières, combinées avec un début précoce de la saison des pluies, ont permis un certain rétablissement du pâturage, de l’abroutissement et de l’eau, en particulier dans les zones côtières pastorales, mais cela ne peut pas garantir le rétablissement total du secteur de l’élevage, a dit la FAO le 13 avril.

Les deux tiers de la population de Djibouti, qui est estimée à 800 000 habitants, vivent en dessous du seuil de pauvreté – 10 pour cent vivant dans une pauvreté extrême – d’après les statistiques du ministère de la Santé. La majorité de la population vit en zone urbaine, mais 60 pour cent de ces habitants sont sans emploi.

Le pays accueille en outre 12 900 réfugiés, soit 1 902 de plus par rapport aux chiffres de 2009, en raison de nouvelles arrivées d’Erythrée et du centre-sud de la Somalie, où le conflit fait rage, a dit, le 30 avril, le bureau sous-régional de Nairobi du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires.

eo/cb/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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