Les cours d’eau du centre et du nord du Mozambique, en crue, ont atteint le niveau d’alerte rouge (juste inférieur à la déclaration de catastrophe) après plusieurs semaines de pluies torrentielles dans la région et en Zambie et au Zimbabwe voisins.
Le 23 mars, un bulletin hydrologique de la Direction nationale des eaux annonçait que « dans les 24 prochaines heures … on continuerait d’observer », dans les bassins du Zambèze et du Pungue, dans le centre du Mozambique, et dans le bassin du Messalo, dans le nord, « un niveau des eaux plus faible ». Le Conseil des ministres du Mozambique a baissé le niveau d’alerte à l’orange.
Si les mesures d’intervention adoptées pour faire face aux crues prendront progressivement fin, d’après Leila Pakkala, représentante du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et responsable de coordonner l’Equipe humanitaire nationale, « bon nombre des zones [touchées] sont déjà frappées par une insécurité alimentaire chronique [et] le gouvernement et les organismes partenaires restent préoccupés par les besoins [des populations] en matière de sécurité alimentaire ».
Selon le dernier rapport de l’équipe pays des Nations Unies (UNCT) sur les Mesures de préparation et d’intervention face aux crues, publié le 23 mars, « le gouvernement a formulé une demande officielle d’aide alimentaire pour 100 000 personnes dans les quatre régions les plus touchées : Mutarara [et] Mopeia [près du Zambèze], Morrumbala [sur la plaine inondable] et Chinde [dans le delta du Zambèze] ... L’aide alimentaire devra être donnée sous forme de nourriture contre travail, à des fins de reconstruction ».
Leila Pakkala a par ailleurs noté que certaines régions n’ayant pas été touchées par les inondations avaient également besoin d’aide, après plusieurs mois de faibles précipitations. Selon les estimations préliminaires du Secrétariat technique de la sécurité alimentaire et de la nutrition au Mozambique, quelque 475 000 foyers dans sept des 10 provinces du Mozambique subissent les effets de la sécheresse.
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Photo: Tomas de Mul/IRIN ![]() |
| Une bénévole écoute les avis d’inondations et de cyclones à la radio, sur son poste à énergie solaire (photo d'archives) |
« La priorité a été donnée … aux activités d’assainissement et d’hygiène », selon le rapport de l’UNCT. La distribution d’urgence d’eau et de matériel d’assainissement et d’hygiène se poursuit, et du chlore, du savon, de la certeza (une solution désinfectante servant à purifier l’eau) des jerrycans et des seaux sont envoyés aux familles dans les zones touchées.
« Grâce aux formations dispensées, environ 25 000 personnes ont été exposées aux messages de promotion des bonnes pratiques d’hygiène et de la prévention du paludisme. En coordination avec les Directions régionales de la santé, … les radios communautaires et provinciales diffusent des messages quotidiens pouvant être entendus par 800 000 personnes dans les provinces de la Zambézie, de Sofala et de Tete », selon le rapport.
Une situation qui aurait pu être plus grave
Dans un pays aussi pauvre et vulnérable que le Mozambique, les événements climatiques extrêmes peuvent pousser des communautés entières au-delà de leur capacité de survie ou de rétablissement face aux répercussions multiples des inondations, des cyclones et de la sécheresse, et celles-ci se trouvent souvent plongées dans une spirale de la pauvreté.
Le Mozambique est touché plus souvent et plus gravement par les catastrophes naturelles que presque tout autre pays d’Afrique : des inondations y ont lieu presque chaque année (au cours de ces 30 dernières années seulement, le pays a été frappé par 35 catastrophes hydrométéorologiques, qui ont touché près de 16 millions de personnes).
Au vu de cela, le gouvernement mozambicain – essentiellement par le biais de l’INGC, son organisme de gestion des catastrophes - et ses partenaires humanitaires et de développement internationaux ont investi de lourdes sommes dans les mesures de préparation et de Réduction des risques de catastrophes (DRR).
Et tous ces efforts ont porté leurs fruits cette année. « L’intervention était bien organisée. Les [programmes de] DRR et de préparation commencent à donner des résultats. L’intervention était bien plus efficace que les années précédentes », selon M. Pakkala.
Des enseignements ont été tirés des situations d’urgence précédentes, a-t-elle noté : les capacités des organismes de gestion des catastrophes ont été renforcées, les partenariats sont plus solides, les réserves ont été préacheminées, et les exercices de simulation annuels des situations d’urgence ont permis « d’intervenir de façon adéquate et appropriée, et en temps opportun ».
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