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« Ma main est encore à peine attachée »

This man in the Guinea capital Conakry said his hand was nearly severed when a soldier hacked it with a knife during violent repression of demonstrators on 28 September 2009 Contributor/IRIN
Des centaines de personnes à Conakry, la capitale guinéenne, tentent toujours de surmonter leurs graves blessures subies le 28 septembre, lorsque des éléments des forces de sécurité ont violemment réprimé une manifestation, faisant au moins 150 morts, selon des organisations de défense des droits humains. Lamine*, qui vend des produits de beauté pour nourrir ses deux épouses et leurs cinq enfants, a dit à IRIN qu’il ne savait pas si les médecins réussiraient à sauver sa main, qui a été quasiment sectionnée lorsqu’un soldat l’a frappé à l’aide d’un couteau.

« J'étais au stade pour la manifestation. Tout à coup, on a entendu des coups de feu, donc les gens ont commence à fuir.

« Alors que j'essayais de partir, un militaire -- qui portait des fusils et des couteaux – a frappé un grand coup sur ma main avec un couteau.

« On ne s'est pas regardé dans les yeux. Je suis tombé quand il m'a [coupé la main].

« La Croix-Rouge m'a amené à l'hôpital Donka [l’un des principaux hôpitaux de la capitale] pour les premiers soins. Ensuite, je suis allé dans un hôpital plus près de chez moi. Je vais à l'hôpital [tous les] deux jours pour refaire le pansement. Jusqu'à maintenant, le traitement a été gratuit.

« Ma main est encore à peine attachée [à mon corps]. Je ne sais pas si elle sera un jour [à nouveau] normale. Les médecins disent maintenant qu'il me faut une autre opération parce qu'il paraît que des nerfs ne fonctionnent pas. Mais c'est tellement douloureux. Je ne sais pas encore si je vais [pouvoir] subir une autre opération.

« La situation pour ma famille est très difficile. Mon travail de commerçant est la seule source de revenus pour la famille et je ne sais pas quand je pourrai reprendre le travail. Mais par la grâce de Dieu, pour le moment on se débrouille.

« Les jours qui ont suivi la violence au stade, des militaires venaient dans les quartiers [pour] prendre des jeunes et attaquer des femmes.

« Il y a un problème de ‘race’, il faut le [dire]. Même avant les événements du 28 septembre, on entendait très souvent les militaires menacer les Peulh [l’un des principaux groupes ethniques en Guinée].

« La situation en Guinée est très grave. Les gens ne sont pas en sécurité. Mais c'est ici qu'on [vit] ; on n'a pas [d’autre] choix que d'espérer que quelque chose sera fait pour améliorer la situation ».

* Un nom d'emprunt

np/ic/aj/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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