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Les dirigeants africains doivent tenir tête au président Jammeh – activistes

Al Hadji Yahya A.J.J. Jammeh, President of the Gambia, addresses the general debate of the sixty-fourth session of the General Assembly. 24/Sep/2009. United Nations, New York UN Photo/Erin Siegal
Des avocats et activistes des droits humains ont appelé l’organisme de défense des droits humains de l’Union africaine à déplacer son siège hors de la Gambie, suite à un discours télévisé du président Yahya Jammeh, au cours duquel ce dernier a menacé les défenseurs des droits humains et annoncé qu’il tuerait quiconque collaborerait avec eux.

« Les dirigeants africains doivent réagir, poser une limite, et dire que cela est inacceptable », a dit à IRIN Chidi Odinkalu, conseiller juridique pour l'Open Society Justice Initiative. « Nous ne pouvons pas défendre les droits humains à l’échelle internationale si nos dirigeants se permettent de menacer les gens [de mort] ».

Dans un discours télévisé diffusé le 21 septembre, le président Jammeh a déclaré : « Si vous croyez pouvoir collaborer avec de soi-disant défenseurs des droits humains et vous en tirer sans encombre, vous rêvez complètement. Je vous tuerai, et vous ne serez arrivés à rien ».

« Nous ne tolèrerons pas que des gens se posent en défenseurs des droits humains au détriment de notre pays. Si vous êtes lié à un groupe de défense des droits humains, quel qu’il soit, soyez assuré que votre sécurité personnelle ne sera pas garantie par mon gouvernement. Nous sommes prêts à tuer les saboteurs ».

La Gambie accueille la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, qui examine des affaires présentées par les défenseurs des droits humains du continent entier.

« C’est incroyable », a dit M. Odinkalu. « Quand les présidents commencent à menacer de tuer les défenseurs de la vie et des droits humains, c’est le signe qu’ils ne sont absolument plus responsables devant personne ».

« Ce n’est ni la première, ni la deuxième ni la troisième fois qu’il émet des menaces, mais celle-ci est particulièrement glaçante, parce qu’elle s’adresse au monde entier, sans distinction… La situation des droits humains en Gambie est… intolérable ».

Les avocats de l’Open Society Institute et de la Coalition pour la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples ont signé une pétition qui devrait être envoyée le 28 septembre, appelant la Commission à interrompre les séances en Gambie jusqu’à ce que l’affaire soit résolue, et les organisations de la société civile à ne pas assister aux séances.

« De tels commentaires, de la part d’un dirigeant, sont tout simplement méprisables, et ils violent la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples », a affirmé le communiqué accompagnant la pétition. « Mais la menace de M. Jammeh est d’autant plus cynique que la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples maintient son siège à Banjul, la capitale de la Gambie ».

La Commission, chargée de promouvoir et de protéger les droits humains dans tout le continent, a été créée en 1986 par la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, et a installé son siège à Banjul en 1989.

aj/np/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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