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Les ONG expulsées laissent un vide sanitaire important au Darfour

Women recently displaced by fighting in North Darfur have settled in a camp for displaced people in Zamzam, south of El-Fasher. Heba Aly/IRIN
L’expulsion de 13 organisations non-gouvernementales internationales (ONGI) qui opéraient dans la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan, a laissé un vide en termes de couverture sanitaire, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations Unies : 12 d’entre elles dispensaient en effet des services sanitaires et nutritionnels à environ 1,1 million de personnes.

Par le biais de cliniques mobiles, des hôpitaux et des centres de santé primaire (CSP), ces organisations dispensaient des services essentiels allant de l’orientation des patients présentant des complications ou des affections menaçant le pronostic vital à la surveillance épidémiologique, selon l’édition de mars-avril du bulletin sanitaire publié par l’OMS.

Dans le nord du Darfour, les services de santé reproductive ont été interrompus après la fermeture d’un CSP ; d’autres centres de santé, qui offraient leurs services à au moins 200 000 personnes, ont également réduit leurs activités.

Dans l’ouest du Darfour, seuls 63 employés médicaux sur 145 dispensent des services dans 18 centres de santé.

Dans le sud du Darfour, un hôpital rural a fermé à Muhajariya, ainsi que quelques autres centres de santé. Cinq centres de nutrition thérapeutique sur six sont également fermés.

Face à cette situation, le Plan d’action pour le Darfour, élaboré conjointement par les Nations Unies et le gouvernement soudanais, recommande, entre autres mesures, le redéploiement d’employés formés et qualifiés acceptés par la communauté, la supervision des cliniques, l’approvisionnement de celles-ci en matériel médical, ainsi que l’immunisation des enfants de moins de cinq ans.

Il est toutefois difficile, dans le cadre des programmes de vaccination de routine, de se rendre auprès des enfants des zones reculées ou dangereuses du Darfour. Une campagne de vaccination contre la méningite est néanmoins en cours dans certaines régions, telles que Kalma, Bilel et Al Salaam. Cette année, déjà, quelque 180 cas suspects de méningite ont été signalés dans les trois Etats du Darfour.

Les expulsions ont également pénalisé au moins 6 500 employés, soit 40 pour cent du personnel humanitaire du Darfour. Les ONGI ont été expulsées le 4 mars, peu après que la Cour pénale internationale eut inculpé le président Omar El-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, dans l’ouest du pays.

Le conflit du Darfour a fait plusieurs centaines de milliers de morts et environ un demi-million de déplacés depuis 2003.

Oxfam GB, une des ONGI expulsées, a fait appel de son expulsion le 15 avril, avertissant que la situation humanitaire s’était aggravée au Darfour.

Les conséquences des expulsions se sont fait sentir au-delà des frontières du Darfour, dans l’est du Soudan ainsi qu’à Abyei, dans le Sud-Kordofan et dans l’Etat du Nil bleu, les « trois régions » ainsi nommées, limitrophes du Sud-Soudan. A en croire les Nations Unies, il sera très difficile de remplacer l’expertise perdue au Darfour.

aw/mw

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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