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Le retrait des Casques bleus s’effectuera « prudemment et progressivement »

La force de maintien de la paix déployée par les Nations Unies au Liberia depuis 2003, et composée de 15 000 hommes, a commencé à se retirer, mais les Nations Unies resteront sur place jusqu’à ce que tous les problèmes de sécurité soient résolus dans le pays, a déclaré à la presse Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, dans la capitale libérienne.

« Comme vous le savez, la mission de maintien de la paix des Nations Unies (MINUL) a entamé la première phase du processus de réduction de ses effectifs. Je tiens à vous assurer que cette réduction des effectifs sera effectuée prudemment et progressivement, de façon à ne pas compromettre les progrès réalisés jusqu’à présent », a déclaré M. Ki-moon. « Ce retrait progressif devrait donner le temps au gouvernement d’assumer l’entière responsabilité de la sécurité nationale », a-t-il ajouté.

Les casques bleus sont sur le territoire libérien depuis septembre 2003. Le Conseil de sécurité a autorisé la création de la MINUL à la fin de la guerre civile, qui faisait rage au Liberia depuis 14 ans.

En septembre 2006, le secrétaire général des Nations Unies a recommandé, au sein d’un rapport remis au Conseil de sécurité, que divers critères essentiels soient remplis, en matière de sécurité, de gouvernance, d’Etat de droit, de revitalisation économique, d’infrastructures et de services de base, avant que la mission se retire.

« Les critères de sécurité, notamment la formation et le déploiement des forces armées du Liberia et de la police nationale libérienne, l’élaboration, par le gouvernement, d’une stratégie et d’une architecture nationales de sécurité, la réinsertion des anciens combattants et le retour et la réinsertion des réfugiés, sont essentiels pour déterminer le rythme et le moment de la réduction des effectifs et du retrait final de la mission », indiquait le rapport.

Selon Ban Ki-moon, le Conseil de sécurité devrait revoir l’application de ces critères en septembre 2008. Le retrait des Casques bleus devrait s’achever d’ici à l’an 2010, un an avant la date prévue du second scrutin présidentiel organisé au Liberia depuis la fin de la guerre. Toutefois, Ellen Margrethe Loj, représentante spéciale du secrétaire général au Liberia, a récemment prévenu le Conseil de sécurité que le pays était encore confronté à des défis extrêmement importants.

« L’espoir et la tranquillité que nous voyons à l’heure actuelle sont tempérés par une paix fragile et précaire », a-t-elle dit le 14 avril, soulignant que la présence de la police et des forces militaires des Nations Unies était encore essentielle à la stabilité du pays.

« Il faut progresser davantage dans le processus de réforme des systèmes judiciaire et législatif et dans l’instauration de l’Etat de droit sur l’ensemble du territoire. Il faut également déployer davantage d’efforts en vue de réinsérer les populations touchées par la guerre et de favoriser la réconciliation et l’union nationale », a déclaré Ban Ki-moon.

Des efforts sont déployés à l’heure actuelle pour remettre sur pied la nouvelle armée nationale libérienne, mais les responsables libériens de la défense ont expliqué à IRIN qu’ils ne savaient « pas exactement » quand cette nouvelle armée de 2 000 soldats, entraînés par les Etats-Unis, serait opérationnelle.

Les violences de masse sont de plus en plus fréquentes dans certaines régions du pays, notamment dans les régions productrices de caoutchouc ou de diamants, selon les Nations Unies. « Ces incidents soulignent la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité dans le pays », a noté Mme Loj dans son rapport du 14 avril au Conseil de sécurité.

À la tombée de la nuit, de nombreux quartiers de Monrovia deviennent des zones interdites. Certains Libériens ont exprimé des préoccupations au sujet du retrait prévu des Nations Unies.

Pour Steve Nimely, maître de conférences, il est « trop tôt » pour que les Casques bleus réduisent leurs effectifs. « La situation au Liberia est encore précaire. La police ne peut pas lutter contre la criminalité et l’armée n’est pas encore prête à défendre le pays, étant donné qu’elle est encore en période de formation. La MINUL doit rester sur place pendant au moins deux ans, après nos prochaines élections », a-t-il estimé.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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