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Les vétérans menacent de recourir à la violence

Les vétérans de la guerre de libération du Zimbabwe ont juré de faire main basse sur les dernières fermes commerciales encore aux mains des exploitants blancs si le président Robert Mugabe perdait le deuxième tour prévu du scrutin présidentiel.

Les partis d’opposition ont pris le contrôle du Parlement pour la première fois depuis que le Zimbabwe a obtenu son indépendance vis-à-vis de à la Grande-Bretagne en 1980, mais les résultats des élections présidentielles du 29 mars n’ont pas encore été officiellement communiqués par la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC).

La réapparition sur la scène politique des vétérans de la guerre, qui avaient mené l’invasion des fermes des exploitants blancs en 2000, peu après que le président Mugabe eut perdu le référendum sur la nouvelle Constitution, fait d’autant plus craindre que le ZANU-PF, le parti au pouvoir, ne déchaîne des violences nationales pour contraindre l’électorat à assurer la victoire de M. Mugabe au deuxième tour.

Selon plusieurs évaluations indépendantes, Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d’opposition, a obtenu 49 pour cent des voix à la suite du scrutin présidentiel, et M. Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, en a remporté 42 pour cent.

Le 4 avril, le MDC a déposé une requête auprès de la Haute Cour, à Harare, la capitale, pour forcer la ZEC, dont le comité exécutif a été nommé par M. Mugabe lui-même, à publier immédiatement les résultats des élections présidentielles.

Parallèlement, le bureau politique du ZANU-PF, l’organe décisionnel le plus puissant du parti, a tenu une réunion de cinq heures au terme de laquelle il a été décidé que M. Mugabe devrait disputer un deuxième tour pour rester en fonction, si aucun des candidats n’obtenait 50 pour cent des voix plus une, comme il est requis pour déclarer une victoire absolue.

Le retour des colons britanniques

Selon Jabulani Sibanda, président des vétérans de la guerre, ce dernier scrutin a été organisé pour tenter un retour à l’an 1890, époque où les colons britanniques ont commencé à occuper le territoire.

« Nous en sommes venus à nous rendre compte que les élections servaient de nouveau champ de bataille pour préparer la réinvasion de notre pays. Bon nombre des derniers fermiers commerciaux blancs ont été vus en train de célébrer la victoire présumée de Morgan Tsvangirai », a déclaré M. Sibanda.

« Nous en sommes venus à nous rendre compte que les élections servaient de nouveau champ de bataille pour préparer la réinvasion de notre pays »

« Ces résultats ne sont que des chiffres, mais l’invasion est physique. Nous allons nous retrouver confrontés à ce problème, qui est tangible ».

Pour M. Sibanda, la déclaration du MDC, intervenue avant l’annonce des résultats par la ZEC, et selon laquelle M. Tsvangirai aurait remporté les élections présidentielles sans qu’il soit nécessaire d’organiser un deuxième tour, est un acte de provocation.

« En tant que combattants de la liberté, nous nous sentons tenus de repousser l’invasion. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire face à de telles provocations », a-t-il affirmé.

En 2000, le président Mugabe avait fait appel à d’anciens guérilleros pour sauver sa carrière politique peu après avoir perdu le référendum. IRIN n’a pas pu joindre les dirigeants du MDC, occupés à des réunions qui concernaient vraisemblablement la prise de contrôle du gouvernement, pour recueillir leurs commentaires.

Au cours des élections législatives, le ZANU-PF, le parti de M. Mugabe, a obtenu 97 sièges, contre 99 pour le MDC de M. Tsvangirai, et 11 pour la faction dissidente du MDC.

Les Organisations de la société civile du Zimbabwe, un organisme de coordination, ont mis en garde le ZANU-PF contre un recours à la violence, comme alternative. « Nous savons de source sûre et fiable [qu’ils] prévoient de se lancer dans une campagne de représailles et de violences avant et après l’annonce des résultats finaux des élections présidentielles et sénatoriales ».

Conformément à la Constitution, un deuxième tour devrait être organisé au cours des 21 prochains jours, mais le ZANU-PF a prévenu que cela pourrait être reporté à 90 jours, faute de fonds.

« Cette excuse ne serait pas acceptable compte tenu de l’anxiété actuelle de la nation et étant donné que, par définition, une telle mesure serait contraire à la démocratie et risquerait de provoquer une crise constitutionnelle grave », selon l’organisme de coordination.

dd/go/nh/ads


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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