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Des milliers de déplacés ont besoin d’aide

Les quelque 1 400 familles (8 400 personnes) de la commune de Musigati – province de Bubanza (nord-ouest) – déplacées à la suite de combats entre l’armée burundaise et les rebelles des Forces nationales de libération (FNL), ont désespérément besoin d’aide, selon les autorités locales.

Selon Laurent Kagamba, conseiller à la commune de Musigati, les habitants ont fui depuis les attaques simultanées lancées dans la même commune contre trois positions de l’armée, le 28 décembre, et une autre, le 9 janvier. Certains se sont réfugiés dans la paroisse de Musigati, d’autres dans les centres commerciaux de Musigati et Kabere, ainsi que dans l’usine de café de Busiga, a-t-il indiqué.

Les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) n’ont pour l’instant reçu aucune assistance. « Elles ont besoin d’une aide alimentaire, de couvertures – il fait très froid dans la région – d’ustensiles de cuisine, car tous leurs biens ont été pillés. Quand bien même la récolte des haricots et du maïs aurait commencé, ces personnes ne peuvent pas accéder à leurs champs », a dit M. Kagamba.

Selon Pascal Nyabenda, gouverneur de Bubanza, malgré l’insécurité, le manque d’aide alimentaire contraint certains PDIP à retourner chez eux dans la journée pour chercher de la nourriture.

Toutefois, bon nombre de PDIP, en particulier ceux qui vivent à la lisière de la réserve forestière de Kibira, considérée comme le repaire des FNL, n’ont pas pu se déplacer car des éléments des FNL rôdent dans la région pendant la journée pour voler les récoltes ou piller les maisons.

Selon Godefroid Nyawakira, directeur responsable de l’aide humanitaire au ministère de la Solidarité nationale, du rapatriement, de la reconstruction nationale, des droits de la personne et des sexes, les problèmes d’insécurité entravent la distribution de l’aide aux PDIP.

« L’aide est disponible dans les réserves et peut être distribuée à tout moment si les conditions de sécurité s’améliorent dans la région ».

D’après M. Nyawakira, ses services disposent de haricots, de farine de maïs, de couvertures, de tôles de toit et d’ustensiles de cuisine, prêts à être distribués.

Mais avant que l’aide soit distribuée, le ministère devra procéder à une évaluation des besoins car il ne dispose pour l’instant d’aucune statistique précise sur le nombre de personnes déplacées.

Selon Bernard Ntwari, adjoint au chargé de communication du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), « l’organisation est en train de consulter d’autres acteurs humanitaires pour obtenir une première évaluation de la situation » à Bubanza.

Toutefois, a ajouté M. Ntwari, la situation de sécurité dans la province préoccupe le HCR.

Les FNL, dernier mouvement rebelle encore actif au Burundi, ont recommencé à attaquer l’armée gouvernementale, notamment dans les provinces du Bujumbura rural et de Bubanza, où ils sont le plus actifs.

Bien que le mouvement rebelle ait signé un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement en septembre 2006, cet accord n’a jamais été totalement respecté. Le mécanisme conjoint de vérification et de suivi, chargé de superviser l’application de l’accord, a interrompu ses activités en juillet 2007 après que les délégués des FNL eurent suspendu leur participation aux pourparlers sur les questions de sécurité.

Depuis, ils accusent Charles Nqakula, ministre sud-africain de la Sûreté et médiateur dans la crise burundaise, d’avoir fait preuve de partialité.

jb/mw/ads/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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