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Le gouvernement demande l’aide du PAM pour éviter les pénuries alimentaires

Le gouvernement afghan a demandé au Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) d’accroître le volume de son aide alimentaire, pour le porter des 180 000 tonnes précédemment prévues à 215 000 tonnes, en 2008, selon le ministre de l’Agriculture, de l’irrigation et de l’élevage (MAIE).

Cette demande intervient à la suite d’une hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires, qui a fait craindre le risque de pénuries alimentaires, surtout pendant les mois d’hiver où certaines régions reculées deviennent inaccessibles du fait des fortes chutes de neige et des inondations.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afghanistan fait partie des 40 pays où l’on observe « une augmentation sans précédent du prix des produits alimentaires, due aux faibles réserves alimentaires, aux inondations et aux sécheresses liées au phénomène du changement climatique, mais aussi à la hausse du prix des carburants et à une demande croissante en biocarburant ».

« Nous avons demandé au PAM d’importer 60 000 tonnes de blé en Afghanistan dans les trois prochains mois et de les distribuer dans les zones les plus vulnérables », a expliqué Obaidullah Ramin, ministre de l’Agriculture, de l’irrigation et de l’élevage, lors d’une conférence de presse à Kaboul, le 9 janvier.

Il n’a pas été possible de recueillir dans l’immédiat les commentaires du bureau du PAM à Kaboul. Toutefois, des organisations humanitaires ont récemment fait part de leurs inquiétudes concernant l’inaccessibilité de certaines communautés isolées et vulnérables, en raison du conflit armé et des catastrophes naturelles.

« Il n’y a pas de famine en Afghanistan »

Grâce à plusieurs années consécutives de climat favorable et à une aide au développement conséquente, la production céréalière en Afghanistan a augmenté de manière exceptionnelle au cours des six dernières années, ont rapporté la FAO et le MAIE, en août 2007.

Malgré tout, l’Afghanistan a besoin de 500 000 tonnes supplémentaires de céréales, dont 430 000 tonnes de blé, pour nourrir ses quelque 24,5 millions d’habitants, a indiqué M. Ramin.

« La pénurie totale sera à la fois couverte par l’aide alimentaire du PAM, et par des importations en provenance de pays étrangers », a-t-il dit.

Les autorités afghanes ont également décidé de constituer une « réserve alimentaire stratégique » où quelque 146 000 tonnes de blé seront initialement stockées, qui seront utilisées en cas d’urgence, selon des fonctionnaires afghans.

« Il n’y a pas de famine en Afghanistan », a affirmé le ministre Ramin, ajoutant que le gouvernement et ses partenaires internationaux avaient mis en place plusieurs stratégies pour éviter les pénuries alimentaires pendant l’hiver.

Impact de la crise pakistanaise

En raison des faibles capacités de son industrie meunière, l’Afghanistan importe du Pakistan voisin plus de 80 pour cent de ses besoins en farine de blé, selon un rapport de l’agence américaine pour le développement international (USAID) publié en mai 2007.

Toujours selon des fonctionnaires afghans, l’aggravation de la situation de sécurité au Pakistan, en particulier depuis l’assassinat de Benazir Bhutto, a entraîné une diminution des importations de produits alimentaires pakistanais, ce qui a provoqué une augmentation du prix des denrées alimentaires en Afghanistan.

À en croire certains commerçants afghans, les autorités pakistanaises ont doublé le montant des taxes d’exportation de la farine vers l’Afghanistan pour contrôler la hausse du prix des denrées alimentaires au Pakistan.

Dans certaines provinces afghanes, les prix des denrées alimentaires sont montés en flèche, parfois de pas moins de 45 pour cent, au cours des 12 derniers mois, ont indiqué des fonctionnaires du MAIE.

« Les politiques pakistanaises en matière de blé ont des conséquences sur la sécurité alimentaire en Afghanistan, aussi bien à l’échelle nationale qu’au niveau des ménages. L’approvisionnement régulier et abondant en blé et en farine de blé importés du Pakistan a permis de stabiliser les prix et de les maintenir à un niveau abordable sur les marchés afghans », pouvait-on lire dans le rapport de l’USAID, intitulé Pakistan Wheat Sub-sector and Afghan Food Security (Sous-secteur pakistanais de la production de blé et sécurité alimentaire en Afghanistan).

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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