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Les Talibans doivent mettre fin aux exécutions de civils – activistes des droits humains

Une dame de soixante ans et son petit-fils de 17 ans qui se rendaient dans leur village, dans le district de Dehrawod de la province centrale d’Uruzgan, en Afghanistan, ont été interpellés le 12 décembre, interrogés brièvement, puis contraints de descendre du bus qui les transportait, selon des témoins oculaires et les autorités provinciales.

Après une courte bousculade, pendant laquelle la vielle dame semblait implorer la clémence, elle et son petit-fils ont été abattus devant une dizaine de passagers et de passants médusés.

« La veille dame et son petits-fils étaient des espions au service du gouvernement [afghan] et des forces américaines », a accusé Qari Yusuf Ahmadi, un prétendu porte-parole des insurgés talibans.

Mais dès le lendemain de ces meurtres, le président afghan Hamid Karzai a fermement rejeté les accusations des Talibans : « Comment une veille femme illettrée peut-elle travailler comme espionne dans une société conservatrice et traditionnelle ? »

Selon les autorités provinciales, le 20 décembre, des combattants armés alliés des insurgés talibans ont pendu deux jeunes hommes dans le district de Kajaki de la province de Helmand Province, après les avoir accusés d’espionnage pour le compte du gouvernement de M. Karzai.

Au cours d’un autre incident survenu le 7 décembre, un jeune garçon de 12 ans a été pendu par les rebelles talibans dans le district de Sangeen de la province de Helmand. Le jeune garçon était accusé de travailler comme agent secret pour l’armée américaine, a indiqué Mohammad Husain Andiwal, chef de la police de Helmand.

« Il a été pendu par les Talibans sur la base d’accusations fausses et sans fondement », a ajouté M. Andiwal.

L’exécution de civils accusés d’espionnage et les autres mesures violentes couramment prises par les insurgés talibans à l’encontre des non combattants sont des crimes contre l’humanité et une violation flagrante du droit humanitaire international, a indiqué la Commission indépendante de défense des droits de la personne de l'Afghanistan (Afghan Independent Human Rights Commission – AIHRC).

« Les Talibans et les autres parties belligérantes doivent immédiatement mettre fin aux assassinats et aux sanctions infligées aux civils à travers des procédures extrajudiciaires », a affirmé Ahmad Nader Naderi, un commissaire auprès de l’AIHRC.

« La stratégie de la terreur »

Au moins 15 civils ont été tués par les rebelles talibans au cours des trois derniers mois sous l’inculpation d’activités anti-Talibans et/ou d’espionnage au bénéfice du gouvernement de M. Karzai et des forces internationales, selon les données compilées par l’AIHRC.

« Le meurtre de civils [sur la base] de simples accusations est une stratégie visant à terroriser les communautés et à obliger la population à se soumettre aux insurgés », a expliqué M. Naderi à IRIN.

Les rebelles talibans font également circuler leurs messages à travers des clips vidéos montrant la décapitation de supposés espions et partisans du gouvernement.

« Ce qui les [Talibans] intéressent, ce n’est pas tant l’individu qu’ils tuent, mais la manière et la méthode utilisées pour l’exécution, et le message qu’il véhicule est important pour eux », a indiqué Ajmal Samadi, un universitaire de la London School of Economics qui fait une étude sur le phénomène de la violence liée à l’insurrection en Afghanistan.

Faiblesse de l’appareil judiciaire

En raison de la faiblesse de l’appareil système judicaire et du fragile ordre public qui règne en Afghanistan, près de 80 pour cent des affaires judiciaires du pays sont résolues par un système traditionnel de prise de décision, selon le Rapport national sur le développement humain 2007 de l’Afghanistan (NHDR).

En Afghanistan, le ratio nombre d’habitants/juge est estimé à 21 317 pour un et il y a au moins 6 000 dossiers en attente de jugement, a noté le NHDR.

Les rebelles talibans ont imposé leur système judiciaire implacable dans les communautés isolées qu’ils contrôlent dans les régions du sud et du centre-sud de l’Afghanistan.

Le 15 novembre, un jeune homme et une femme accusés d’adultère ont été tués par des insurgés talibans dans la province de Ghazni, ont rapporté les autorités provinciales.

Ailleurs, dans le sud et sud-est du pays, des condamnations à mort, des amputations et d’autres peines particulièrement sévères ont été prononcées par des juges talibans à l’encontre de civils.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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