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L'envoi d'une force au Darfour va améliorer l'accès humanitaire

La nouvelle force hybride des Nations Unies et de l’Union Africaine pour le Darfour créée par le Conseil de sécurité et acceptée par le gouvernement du Soudan améliorera la sécurité et l’accès humanitaire, ont affirmé des acteurs humanitaires et analystes.

Selon un représentant des Nations Unies au Darfour, le nombre de personnes devenues inaccessibles, du fait de la violence constante, a augmenté région.

« En mai 2006, les organisations humanitaires avaient accès à presque toutes les personnes déplacées ; actuellement, quelque 500 000 personnes sont inaccessibles », a déploré Mike McDonagh, responsable du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Nord-Soudan.

« Nous subissons des menaces tous les jours, les attaques sont quotidiennes et des travailleurs humanitaires sont agressés tous les jours », a-t-il ajouté. « On en compte plus les agressions armées contre les agents humanitaires qui, dans de nombreux cas, sont détenus pendant des heures et parfois toute une nuit, et souvent relâchés dans le désert ».

Au moins 12 000 agents humanitaires travaillent dans le Darfour où quelque 4,2 millions personnes sont affectées par la crise humanitaire.

« Il y a de vastes zones auxquelles nous n’avons pas du tout accès ; il y en a d’autres où nous avons, pour ainsi dire, un accès sporadique » a expliqué M. McDonagh. « Nous commençons à présent à voir les effets de ces restrictions : une augmentation des cas de malnutrition, des enfants souffrant d'autres maladies et des épidémies de diarrhée ».

Selon le représentant d’OCHA, douze agents d’organisations humanitaires ont été tués au Darfour en 2006 et cinq depuis le début de cette année. Depuis, il y a eu de nombreux vols de véhicules, des vols qui se caractérisent désormais par une plus grande violence.

« Le Darfour est devenu un endroit très dangereux pour les travailleurs humanitaires » a fait remarquer M. McDonagh.

Pourparlers d’Arusha

La résolution du Conseil de sécurité autorisant le déploiement d’une force hybride de 26 000 soldats et policiers prévoit également le recours à la force pour protéger les travailleurs humanitaires et les civils, conformément au chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, condamne la violence et appelle à l’arrêt immédiat des bombardements aériens.

Face à la presse, à Khartoum, le ministre soudanais des Affaires étrangères a déclaré :
« Nous annonçons notre acceptation de la résolution ». Selon le ministre, le texte remanié et sa version finale tiennent compte de la plupart des préoccupations exprimées par le gouvernement soudanais lors de la présentation de la précédente mouture de la résolution.

« Nous pouvons vivre avec », a dit Lam Akol. « Nous annonçons également notre engagement à appliquer fidèlement la partie qui nous concerne et espérons que les autres en feront de même ».

Pour Miriam Jooma de l’Institut d’études de sécurité de l’Afrique du Sud, « il faut également penser aux prochains pourparlers d’Arusha où il s’agira de débattre des engagements politiques ».

« Il est important que le mandat du Chapitre 7 n’ait pas fait l’objet de compromis, même si ce mandat ne donne pas aux Nations Unies le droit de disposer des armes et des matériels militaires adéquats », a conclu M. Jooma.

Les pays contributeurs de troupes devraient indiquer dans les 30 jours les effectifs militaires qu’ils comptent fournir et la Mission conjointe des Nations Unies et de l’Union Africaine au Darfour (UNAMID) pourrait déterminer ses capacités opérationnelles d’ici le mois d’octobre.

Exhortant les Etats membres apporter leur soutient à l’opération, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré devant le Conseil de sécurité :

« Vous envoyez un signal clair et puissant de votre engagement à améliorer la vie des populations de la région et à fermer ce chapitre tragique de l’histoire du Soudan ».

Un seul des trois groupes rebelles avait signé l’année dernière un accord de paix avec le gouvernement soudanais à Abuja, au Nigeria, mais récemment les groupes se sont scindés en une douzaine de factions incontrôlables.
 
Prévus du 3 au 5 août, les pourparlers d’Arusha devraient réunir les groupes rebelles non signataires des accords d’Abuja.

« La réunion d'Arusha est une opportunité importante », a affirmé M. Jooma.

sa/eo/bp/mw


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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