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Aboubacar Diallo a perdu sa nièce de sept ans, Aïcha, mortellement blessée jeudi soir par une balle perdue tirée par un des militaires qui avaient ouvert le feu au hasard dans le quartier Taouyah, à Conakry. Transportée à l’hôpital, la jeune fille est décédée car l’établissement hospitalier ne disposait pas de poches de sang ni de médicaments pour la sauver. Vendredi matin, elle a été enterrée sans cérémonie funèbre.

La loi martiale est en vigueur à Conakry et dans d’autres villes de la Guinée, depuis que le Président Lansana Conté a demandé à l’armée de mettre fin aux émeutes et aux pillages orchestrés par de jeunes manifestants qui exigeaient sa démission. A en croire les témoignages des habitants, l’armée sème la terreur dans la ville en commettant des pillages et des viols dans les quartiers, n’hésitant pas tirer en l’air et sur les personnes.

« La nuit dernière, peu après le début du couvre-feu, à 20 heures, des soldats sont entrés dans le quartier et se sont mis à tirer en l’air comme pour prévenir la population de ne pas sortir. Ils font cela dans toutes les zones qui ont été le théâtre de violentes manifestations, pour annoncer le début du couvre-feu ».

« Une des balles a traversé le mur et a touché à la tête la jeune Aicha qui se trouvait dans son lit ».

« Elle était inconsciente et perdait du sang. Nous savions qu’il faillait la transporter à l’hôpital ».

« Lorsque les tirs ont cessé, son père l’a prise dans ses bras, puis est sorti dans la rue. Elle était déserte. Il a marché sur près de cinq cent mètres pour rejoindre l’artère principale et a attendu pendant longtemps avant que deux soldats, qui passaient à bord d’une voiture, ne les prennent pour les conduire à l’hôpital de Donka ».

« Quand nous sommes arrivés à l’hôpital, elle était presque morte. Les médecins ont tout fait pour la sauver, mais il n’y avait pas de poches de sang ni de médicaments. Elle continuait à perdre du sang, puis est décédée peu de temps après son admission ».

« Aujourd’hui son père est si abattu qu’il ne peut pas parler. Et il est impossible de consoler sa mère qui n’arrête pas de pleurer ».

« Dieu nous a donné Aïcha et il l’a rappelée ».

« Elle a été enterrée ce matin à 11 heures au cimetière situé près de son domicile. Pratiquement personne n’a assisté à son enterrement en raison du couvre-feu. Cela s’est fait dans la précipitation, sans cérémonie funèbre ».




This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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