Sur les routes, on ne croisait que des femmes et des enfants, ont fait remarquer certains habitants de la région, la plupart des hommes ayant préféré se cacher dans la brousse, de peur d’être pris pour des rebelles. Certains d’ailleurs n’ont presque rien à manger, mais il est impossible pour l’instant de déterminer leur nombre.
« Depuis trois jours, je recherche mes deux femmes et mes six enfants qui sont cachés dans la brousse », a expliqué Marzouk Hassane, un commerçant de Birao, avant de préciser que les bombardements ont commencé lundi.
« Six avions de combat et quatre hélicoptères de l’armée française ont bombardé nos positions à Birao », a déclaré jeudi Diego Yao, le responsable des opérations du mouvement rebelle, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).
L’attaché militaire français à Bangui, la capitale, s’est refusé à faire tout commentaire sur les opérations de l’armée française, mais officiellement, la France n’est censée apporter qu’une aide logistique et matérielle à l’armée centrafricaine.
Selon M. Yao, les bombardements ont contraint ses hommes à abandonner Birao pour se réfugier dans la brousse, et auraient fait de nombreuses victimes parmi la population civile. Toutefois, aucune source indépendante n'a confirmé cette information.
« Le nombre de victimes est élevé, mais cela doit être confirmé par une organisation indépendante », a précisé M. Yao.
Il n’y a que les positions rebelles qui ont été bombardées, a expliqué un colonel centrafricain, a Bangui.
« L’objectif de l’opération militaire est de chasser les rebelles de la région et il est regrettable que des civils se soient retrouvés pris au piège dans les combats », a déploré le colonel, qui a requis l’anonymat.
Le 31 octobre, les rebelles s’étaient emparés de Birao, puis d’Ouadda-Djalle, Ouadda et Sam-Ouandja, et leur prochaine cible était la ville minière de Bria située à 650 kms au nord-est de Bangui.
Après la perte de ces villes, les autorités centrafricaines avaient sollicité l’aide de la France, leur allié et ancienne puissance coloniale, qui leur aurait fourni le soutien logistique nécessaire pour reprendre Birao, une ville de 30 000 habitants, ainsi que Mouka et Oudda.
Au début de l’insurrection, le gouvernement centrafricain avait accusé les autorités soudanaises de soutenir la rébellion ; des accusations qu’elles ont aussitôt rejetées. Mais à en croire certains diplomates en poste à Bangui, la rébellion du nord de la République centrafricaine (RCA) est impliquée dans le conflit du Darfour où des miliciens pro-gouvernementaux combattent un mouvement de guérilla dans la région ouest du pays.
« On ne peut dissocier la crise en RCA de celle du Tchad et du Darfour », a commenté un diplomate qui a requis l’anonymat.
La ville de Birao reprise par l'armée centrafricaine
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