Les Présidents Olusegun Obasanjo, du Nigeria, Abdoulaye Wade, du Sénégal, John Kufuor, du Ghana, et Muammar Ghaddafi, de la Libye, aborderont avec leur homologue soudanais, Omar el-Bechir, le délicat problème de la présence de Casques bleus au Soudan, ont indiqué des officiels de l’UA.
M. Bechir a toujours rejeté toute forme de pression collective de la part des pays membres de l’UA et de la communauté internationale pour l’amener à accepter la le déploiement de Casques bleus dans le Darfour, une région de l’ouest du Soudan. Selon lui, l’ONU a des visées impérialistes au Soudan et sa présence dans son pays est comparable à celle de l’armée américaine en Irak.
Lors d’une réunion de hauts responsables politiques qui s’est tenue début novembre à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, le gouvernement soudanais avait accepté le « principe d’une opération hybride » incluant des Casques bleus de l’ONU et des forces de maintien de la paix de l’UA. Restait alors à régler la question de l’effectif de la force. Le Soudan avait déjà émis des réserves quant à la proposition de l’ONU qui prévoyait déployer 17 000 soldats et 3 000 agents de police.
L’UA dispose actuellement au Darfour de 7 000 soldats de maintien de la paix, mais ces forces, sous-équipées, ne sont pas en mesure d’endiguer la violence qui sévit dans la région. En outre, leur mandat a déjà été prolongé une première fois et doit expirer le 31 décembre 2006.
Le Soudan a accepté que l’ONU finance l’opération et qu’un contingent de Casques bleus, chargés de la logistique et des communications, ainsi que des hélicoptères et des véhicules blindés soient déployés aux côtés des forces de l’UA. Toutefois, la question de l’effectif de la force n’avait pas été tranchée lors de la réunion d’Addis Abeba.
« Le Président Béchir va en principe s’adresser aux membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine puisqu’il doit prendre une décision importante concernant le principe de l’opération hybride », a indiqué Sam Ibok, qui dirige la Commission chargée de la mise en œuvre de l’accord de paix sur le Darfour. « Il devra faire savoir si le gouvernement soudanais accepte cette proposition », a-t-il ajouté.
Lors d’un point de presse qu’il a tenu mardi à New York, le Secrétaire général sortant de l’ONU, M. Kofi Annan, a indiqué qu’il attendait une réponse du Président soudanais.
M. Annan a par ailleurs indiqué qu’il espérait que la rencontre d’Abuja réglerait, entre autres questions, l’effectif de la force, la nomination d’un chargé de liaison entre les troupes de l’UA et de l’ONU, et le choix du commandant des forces onusiennes.
Mais si le Soudan rejette le principe de la force hybride, les chefs d’Etat africains présents à Abuja devront de toute façon indiquer la position à adopter après l’expiration du mandat de la force africaine, a fait remarquer la médiation.
Selon l’ONU, le conflit du Darfour, qui oppose depuis près de trois ans des groupes rebelles aux forces gouvernementales soudanaises, a fait au moins 200 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, dont certains ont trouvé refuge au Tchad, le pays voisin.
Et malgré l’accord de paix de mai 2006, signé à Abuja entre le gouvernement de Khartoum et la principale faction du groupe rebelle de l’Armée de libération du Soudan, la région Darfour est toujours en proie à la violence. Les pourparlers de paix, qui se sont étalés sur plusieurs mois, ont été menés grâce à la médiation du Président Obansajo.
A en croire un rapport des agences humanitaires, après le calme qui a suivi la signature de l’accord de paix, les viols, massacres et pillages ont repris de plus belle au Darfour.
Les populations noires africaines de la région soudanaise du Darfour (ouest) se sont rebellées en 2003 contre le gouvernement du Président Béchir, pour dénoncer l’oppression dont elles seraient victimes depuis plusieurs décennies. Et pour combattre cette rébellion, Khartoum a fait appel à l’armée et à une milice arabe, les Janjawid, accusée d’exactions contre les populations civiles sans défense du Darfour et de l’est du Tchad voisin.
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