1. Accueil
  2. Africa
  3. DRC

L'armée congolaise et les forces de la Monuc reprennent la ville de Sake

Entre 15 000 et 20 000 personnes ont fui samedi dernier la ville de Sake, une localité de l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) que les Casques bleus de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) et les troupes gouvernementales ont repris ce lundi aux militaires dissidents, a annoncé le commandant de la 8ième région militaire.

« Nous confirmons que la ville de Sake est sous le contrôle de la Monuc et de l’armée régulière et que nous procédons actuellement à des opérations de ratissage », a déclaré le colonel Delphin Kahindi.

Selon le porte-parole militaire de la Monuc, Ajay Dalal, les forces de la Monuc ont utilisé des hélicoptères de combat et déployé des troupes terrestres accompagnées de véhicules militaires blindés pour reprendre la ville de Sake.

Des soldats proches du général Laurent Nkunda, appuyés par des militaires dissidents des 81ième et 83ième brigades, avançaient aussi vers Goma pour s’emparer de la ville. Depuis 2004, des affrontements entre ces troupes rebelles et l’armée régulière ont souvent eu lieu dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

Selon Jacqueline Chenard, porte-parole de la Monuc à Goma, les forces de la Monuc sont intervenues lundi pour mettre fin à la menace qui pesait sur Goma.

[DRC] Gen Laurent Nkunda, renegade Congolese commander army commander, in Goma, eastern DRC. Date taken: 21 August 2004.
Général dissident Laurent Nkunda dont les troupes ont été délogées de Sake ce lundi par les forces armées congolaises et les Casques bleus de l'ONU

« Les Casques bleus ont dû intervenir et ont ouvert le feu pour mettre fin à cette menace et à l’avancée de ces troupes vers Goma », a déclaré Mme Chenard.

Pour Patrick Lavand'Homme, responsable du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires – OCHA- à Goma, il est difficile d’accéder aux personnes déplacées.

« Nous sommes prêts à apporter une réponse humanitaire, mais tant qu’il n’y a pas de stabilité sur le plan de la sécurité, les humanitaires ne peuvent entrer dans cette zone pour travailler », a-t-il fait remarquer.

Les déplacés sont partis dans deux directions. Un petit groupe de déplacés a atteint la périphérie de Goma, la capitale du Nord-Kivu et a passé la nuit du samedi à la belle étoile. Ils ont ensuite été logés dans des écoles et églises.

Un autre groupe de déplacés a pris des pirogues et s’est dirigé vers la presqu’île de Bulenga et vers Minova, une localité de la province voisine du Sud-Kivu. Faute de moyen de communication, il est impossible de connaître la situation de ceux qui se sont dirigés vers la presqu’île de Bulenga, a expliqué M. Lavand'Homme. Toutefois, a-t-il ajouté, les quelque 1 000 déplacés qui sont arrivés à Minova ont passé la première nuit dehors.

Selon lui, l’équipe humanitaire qui a effectué une visite-éclair dimanche à Sake a constaté que la ville était vide.

Aucune explication ne justifie pour l’instant l’attaque du général Nkunda. Cet officier n’avait plus fait parler de lui depuis que ses troupes s’étaient emparées en juin 2004 de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu - prétextant défendre la cause de ressortissants congolais d’origine tutsie - avant d’en être délogées par les forces armées de la RDC.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join