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Des milliers de déplacés affluent vers Bria

[CAR] An abandoned village in the troubled northwest region of CAR. [Date picture taken: June 2006] Joseph Benamsse/IRIN
Villagers in the northwest of Central African Republic are seeking safety in urban areas after a spate of kidnappings leaves many destitute when they have to sell livestock to pay the ransom money
De nombreux civils fuyant les villes du nord de la République centrafricaine, tombées ces derniers jours aux mains de la rébellion, ont trouvé refuge dans la ville minière de Bria où l’armée et les forces de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) ont dépêché des troupes et du matériel pour arrêter l’avancée des insurgés.

Les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) se sont déjà emparés de trois villes du nord et ont désigné comme prochain objectif la localité de Bria, capitale de Haute-Kotto, la province du nord-est de la RCA.

Avec ses quelque 20 000 habitants, Bria est souvent confrontée à des problèmes de pénurie alimentaire car la principale activité économique de la ville repose sur l’exploitation des mines de diamants. L’agriculture est presque inexistante et les denrées alimentaires coûtent très cher.

« Avec l’arrivée massive de déplacés à Bria, la vie est devenue encore plus cher », a déploré un homme d’affaires, qui a requis l’anonymat.

Aucune agence humanitaire n’a pour l’instant pris en charge les 10 000 personnes déplacées recensées par certaines sources indépendantes présentes dans la région.

Toby Lanzer, le coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU en RCA, a affirmé qu’il se rendra à Bria mercredi prochain avec une mission pour évaluer la situation sur le terrain.

Entre temps, la France a répondu favorablement à la demande du Président François Bozize qui sollicitait une aide militaire de l’ancienne puissance coloniale pour contrer l’offensive lancée il y a deux semaines par les rebelles de l’UFDR dans le nord du pays. La France s’est engagée à fournir une aide logistique et du matériel militaire à la RCA.

« Cette assistance s’inscrit dans le cadre des accords militaire et de défense entre la France et notre pays », a déclaré Cyriaque Gonda, porte-parole du Président Bozize. « Elle permettra de renforcer les capacités de l’armée pour arrêter la progression des rebelles et restaurer l’intégrité territoriale du pays ».

M. Gonda reconnaît que les villes de Birao et Ouadda-Djallé (nord) sont tombées aux mains de la rébellion. Toutefois, précise-t-il, à Sam-Ouandja, la troisième localité prise par les insurgés, les habitants avaient déjà fui avant l’entrée des rebelles de l’UFDR dans la ville.

Le porte-parole de l’UFDR, Abakar Saboune, a critiqué la décision du gouvernement français.

« Nous sommes très mécontents de la décision de la France de fournir une aide logistique et du matériel aux troupes centrafricaines », a-t-il indiqué. « Cette aide illustre bien le soutien de la France au pouvoir en place plutôt qu’au peuple qui veut mettre fin au régime chaotique du Président Bozize ».

La rébellion a suspendu ses opérations pour laisser à M. Bozize le temps de revoir sa position et d’accepter l’ouverture de négociations sur le partage du pouvoir dans notre pays, a indiqué M. Saboune. Cette trêve vise également à mobiliser les chefs d’Etat de la sous-région pour qu’ils persuadent le Président Bozize d’engager le dialogue avec la rébellion, a-t-il conclu.

Depuis la prise de la ville de Birao, les rebelles insistent sur la nécessité de discuter avec M. Bozize des questions de partage du pouvoir, car selon eux, les structures du pouvoir en place reposent sur des bases ethniques. Les rebelles accusent également M. Bozize d’encourager une politique exclusionniste, de détournement de deniers publics, de corruption et de népotisme.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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