S’adressant lundi aux participants à la 12ième conférence sur le climat, qui se tient à Nairobi du 6 au 17 novembre, le ministre de l’Environnement a souligné dans son discours inaugural que « le changement climatique est en passe de devenir l’une des plus graves menaces que doit affronter l’humanité ».
« Nous risquons de perdre dans les prochaines décennies tous les acquis des programmes de réduction de la pauvreté destinés en particulier aux populations les plus défavorisés du continent africain ».
Plus de 6 000 délégués participent à la conférence au cours de laquelle seront abordés les problèmes relatifs à la réduction de l’impact des changements climatiques et à l’aide à apporter prioritairement aux pays en développement pour leur permettre de juguler les effets désastreux du réchauffement de la planète.
« Nous espérons que les décisions qui seront prises à Nairobi permettront d’améliorer les initiatives en faveur de programmes adaptés aux réalités du terrain », a déclaré Yvo de Boer, le Secrétaire exécutif de la Conférence cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Prenant la parole au cours de la conférence, le vice-président Kenyan Moody Awori, a déclaré :
« Les changements climatiques menacent les moyens de subsistance de milliards de pauvres dans le monde. Etant donné que les économies des pays subsahariens reposent essentiellement sur l’agriculture, elles sont les plus vulnérables aux changements climatiques. En effet, plus d’un quart du produit intérieur brut (PIB) de ces pays est généré par l’agriculture et c’est de ce secteur que nous tirons nos produits destinés à l’exportation et à l’alimentation de nos populations ».
« Les changements climatiques ont de graves conséquences sur ce secteur et réduisent considérablement les acquis des programmes de réduction de la pauvreté destinés en particulier aux communautés défavorisées qui vivent essentiellement de l’agriculture. Nous devons donc nous engager à protéger nos maigres ressources. D’importantes ressources financières extérieures seront donc nécessaires pour réduire la vulnérabilité des populations les plus exposées aux conséquences des changements climatiques », a conclu M. Moody Awori.
La question de la gestion d’un fonds d’adaptation sera également abordée au cours de la conférence. Créé dans le cadre du protocole de Kyoto, ce fonds est destiné à financer des programmes et projets d’adaptation dans les pays en développement.
Toutes les parties signataires du protocole de Kyoto se sont engagées à réduire leurs activités économiques génératrices des gaz à effet de serre et responsables des changements climatiques.
Pour Steve Sawyer, délégué de Greenpeace International à la conférence de Nairobi, une aide financière et technologique est indispensable pour permettre à l’Afrique de s’en sortir.
Par ailleurs, étant donné que les effets des changements climatiques se font sentir sur toute la planète, il faudra mettre l’accent sur la prévention des crises écologiques résultant de ces variations climatiques, plutôt que sur la collecte de fonds, en cas de catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement de la planète, a expliqué Jesse Mugambi, le représentant de l’université de Nairobi.
Selon un rapport des Nations unies publié avant la conférence, l’Afrique est le continent le plus touché par les effets du réchauffement de la planète, mais le moins préparé pour résoudre les causes des changements climatiques.
Le rapport indique également que la montée du niveau de la mer pourrait détruire près de 30 pour cent des infrastructures côtières en Afrique et que les aménagements humains le long du Golfe de Guinée et des côtes sénégalaise, gambienne, et égyptienne pourraient être submergés.
D’ici les années 2080, le rendement des cultures de base dans plusieurs pays africains pourrait baisser de 5 pour cent.
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