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Khartoum expluse le chef de la mission de l'ONU au Soudan

L’ambassadeur soudanais auprès des Nations unies a indiqué jeudi au cours d’une conférence que M. Jan Pronk, le chef de la mission de l’ONU à Khartoum expulsé du Soudan en raison des informations qu’il a fait paraître dans son blog personnel, était hostile à son gouvernement.

Répondant aux questions relatives au statut de M. Pronk, le diplomate soudanais, Abdalmahmood Abdalhaleem, a déclaré : « Pour ce qui nous concerne, sa mission a été un échec. Il n’a été d’aucun secours…bien au contraire. Plutôt que de trouver des solutions, il n’a fait que poser des problèmes ».

Le 22 octobre, M. Pronk a été rappelé en consultation à New York suite à la lettre adressée à Kofi Annan, le Secrétaire général de l’ONU, par les autorités soudanaises qui demandaient le départ du diplomate néerlandais.

Le gouvernement de Kartoum entendait ainsi réagir aux informations publiées dans le blog personnel de M. Pronk qui relataient deux défaites subies par l’armée soudanaise contre les rebelles du Darfour, l’une à Um Sidir en septembre, et l’autre à Karakaya, début octobre.

Nommé représentant des Nations unies au Soudan en juin 2004, M. Pronk est connu pour ses avis tranchés sur la crise du Darfour. En novembre 2005, il a créé un blog sur Internet pour y consigner ses activités.

Ainsi, il y aurait indiqué que le moral des troupes soudanaises dans le Nord Darfour était au plus bas, que certains généraux de l’armée avaient été limogés et que des soldats refusaient de se battre.

Evitant de commenter les déclarations du représentant de l’ONU, M. Abdalhaleem a indiqué qu’elles ne reflétaient pas la réalité de l’armée soudanaise. Les informations dont dispose M. Pronk, a ajouté le diplomate, lui ont été rapportées par des gens qui lui ont fait un récit de combats imaginaires ».

En mai dernier, le gouvernement soudanais et les principaux groupes rebelles ont signé un accord de cessez-le-feu à Abuja, la capitale fédérale nigériane, qui a mis fin à trois années de conflit dans le Darfour. Cet accord n’a toutefois pas été signé par toutes les factions de la rébellion.

Réagissant aux rumeurs selon lesquelles M. Pronk pourrait être amené à quitter son poste, Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, a indiqué que pour l’organisation, le statut du diplomate néerlandais reste inchangé.

« Naturellement, la décision de maintenir ou non M. Pronk ou n’importe quel autre représentant spécial à son poste ne peut être prise que par le Secrétaire général », a-t-il commenté.

L’expulsion du chef de la mission de l’ONU au Soudan intervient à un moment critique. En effet, au mois d’août dernier, le Conseil de sécurité avait décidé d’envoyer dans le Darfour 17 000 Casques bleus et 3 000 forces de police de l’ONU pour remplacer les 7 500 des forces de maintien de la paix de l’Union africaine ; mais le Soudan s’est toujours opposé au déploiement des forces onusiennes sur son territoire.

MM. Pronk et Annan se sont rencontrés deux fois jeudi. Le diplomate néerlandais s’adressera au Conseil de sécurité vendredi après-midi au cours d’une réunion à huis clos pour expliquer les circonstances de son expulsion et la situation sur le terrain.

Les attaques des forces gouvernementales et de leurs milices alliées ainsi que les récentes offensives des groupes rebelles ont fait au moins 200 000 morts parmi les civils et vidé la région du Darfour de sa population civile. En outre, près de 2,5 millions d’habitants du Darfour vivent dans d’immenses camps de déplacés ou se sont réfugiés au Tchad voisin.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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