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Les Tribunaux islamiques mettent en garde contre l'éventualité d'une reprise de la guerre civile

L’Union des Tribunaux islamiques qui contrôlent en grande partie les régions sud et centre de la Somalie ont prévenu de l’imminence d’un conflit entre leurs miliciens et l’armée gouvernementale qui s’est emparée lundi d’une localité proche de Baido, a annoncé un haut responsable des Tribunaux islamiques.

« A huit heures ce matin, heure locale, une unité mixte composée de soldats éthiopiens et d’éléments de l’armée somalienne du gouvernement fédéral de transition s’est emparée de la ville de Buur Hakaba [60 kms au nord de Baidoa sur la route menant à Mogadiscio, la capitale somalienne », a indiqué Sheikh Abdulkadir Ali, vice-président des Tribunaux islamiques.

« La guerre peut éclater à tout moment », a-t-il lancé.

Située à quelque 180 kms de Mogadiscio, Buur Hakaba était encore aux mains d’une milice locale favorable aux Tribunaux islamiques, lorsque les miliciens ont abandonné la ville vers 7h30, selon un habitant, devant l’avancée des troupes gouvernementales et éthiopiennes.

La prise de Buur Hakaba intervient deux semaines après que les Tribunaux islamiques se soient emparés de la ville portuaire de Kismayo, la troisième plus grande ville du pays située à l’extrême sud de la Somalie. En juin, le mouvement islamiste avait déjà pris le contrôle de Mogadiscio, la capitale somalienne.

Les pourparlers de paix entre le gouvernement de transition et les Tribunaux islamiques devraient reprendre le 30 octobre à Khartoum, la capitale soudanaise, mais actuellement toutes les forces des Tribunaux islamiques en Somalie ont été placées en état d’alerte maximum, a indiqué Sheikh Ali. Selon lui, la prise de Buur Hakaba « est une tentative pour faire échouer les pourparlers de paix de Khartoum et tout espoir de réconciliation ».

Pour la première fois, le président des Tribunaux islamiques, Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, est apparu dans Mogadiscio en tenue de combats. Devant les journalistes qui l’ont rencontré, Sheikh Ahmed a accusé d’agression le plus puissant voisin de la Somalie, l’Ethiopie et a déclaré la guerre sainte à ce pays.

Une source proche des autorités somaliennes, qui a requis l’anonymat, a confirmé la prise de Buur Hakaba par les forces gouvernementales mais a nié implication de l’armée éthiopienne ou toute intention d’attaquer les positions de troupes des Tribunaux islamiques.

« Nos forces se sont emparées de Buur. Cette une action défensive et n’est pas dirigée contre les Tribunaux islamiques », a indiqué la source.

Le porte-parole du gouvernement éthiopien a également démenti toute implication des troupes éthiopiennes. « Aucune troupe éthiopienne n’a appuyé les soldats somaliens, ni n’a traversé la frontière entre l’Ethiopie et la Somalie », a affirmé Salomon Abebe, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Pour les agences humanitaires, une reprise des combats en Somalie aggraverait une situation humanitaire déjà précaire. En effet, un important flux de réfugiés est arrivé au Kenya ces derniers jours pour échapper aux violences potentielles.

A ce sujet le Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) a déclaré :

« Nous ne pouvons pas faire aucun commentaire sur les mouvements militaires. En revanche, d’un point de vue humanitaire, si le problème dégénère, il faudra s’attendre à d’importants déplacements de personnes parmi les populations affectées par la crise et à l’aggravation d’une situation humanitaire déjà dramatique dans le sud-centre de la [Somalie] ».

« Notre préoccupation est que les populations civiles risquent de devenir les cibles ou les otages de ces combats », a souligné OCHA, avant d’ajouter qu’en cas de conflit, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a prévu que le nombre total de personnes susceptibles d’être confrontées à une crise humanitaire pourrait doubler et atteindre près de 3,6 millions ».

Dans le sud de la Somalie, les opérations militaires ont fait monté la tension d’un cran et beaucoup de personnes craignent une reprise du conflit.

« En effet, nous craignons que ce nouvel incident ne dégénère en guerre ouverte sur plusieurs fronts, et tout nouveau conflit serait une catastrophe pour le peuple somalien qui a déjà tant souffert », a affirmé Abdulkadir Ibrahim Abkow, président d’une organisation de la société civile.

La reprise des hostilités « nous ramènerait à la situation de 1991 [au début de la guerre civile] avec les conséquences humanitaires qu’on connaît », a-t-il ajouté. Il a appelé les deux parties « à penser avant tout aux intérêts du peuple somalien en se rendant aux pourparlers de Khartoum plutôt que de se faire la guerre ».

Le gouvernement de transition somalien a été installé fin 2004. En juin 2006, les miliciens des Tribunaux islamiques ont défait les Seigneurs de guerre qui soutenaient le gouvernement fédéral de transition et contrôlaient la capitale Mogadiscio depuis le renversement en 1991 du régime du président défunt Muhammad Siyad Barre qui a dirigé la Somalie de 1969 à 1991.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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