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Le gouvernement tente de renouer les relations avec les institutions financières internationales

Le gouvernement ivoirien veut renouer ses relations avec les institutions financières internationales qui lui ont coupé tout crédit en raison du non paiement de sa dette.

Réuni depuis jeudi en séminaire à Yamoussoukro, la capitale administrative du pays, le gouvernement entend prendre une série de mesures concrètes en vue de redresser les finances de la Côte d’Ivoire et commencer à payer les arriérés de sa dette à ses créanciers.

« A partir du séminaire de Yamoussoukro, nous allons prendre des engagements et les respecter », a déclaré le ministre ivoirien délégué à l’économie. « Nous devons utiliser à bon escient les dépenses de l’Etat en payant la bonne dépense, la vraie dépense et la juste dépense. C’est maintenant qu’il faut poser des actions qui nous crédibilisent auprès de nos partenaires économiques », a-t-il ajouté.

Depuis septembre 2002, début de la crise ivoirienne, le pays traverse une crise économique majeure. La Côte d’Ivoire jouissait jadis d’une certaine prospérité économique due essentiellement à son rang de premier producteur mondial de cacao. Mais l’économie du pays a connu un déclin rapide en raison de l’effondrement des cours mondiaux du cacao et des effets de la crise militaro-politique.

En 2004, le gouvernement ivoirien ne pouvant plus respecter ses engagements vis-à-vis de la Banque mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), ses principaux bailleurs de fonds, ils ont suspendu tout crédit supplémentaire à la Côte d’Ivoire jusqu’à épurement de sa dette. Le montant des arriérés de la dette de la Côte d’Ivoire envers la BM s’élève à quelque 200 millions de dollars américains.

« Notre économie n’est plus loin d’une asphyxie », a averti l’économiste ivoirien Nicolas Agbohou. « C’est vrai que les fonctionnaires reçoivent mensuellement leurs revenus, mais depuis quatre ans, le pays n’a réalisé aucun investissement. Les revendications commencent à croître et le niveau de vie va décroissant. La situation est plus que dangereuse ».

Selon les statistiques de la BM, la pauvreté a augmenté de 44 percent pendant la crise.

Beaucoup d’ONG expliquent les difficultés financières du pays par les défenses excessives consenties pour l’achat d’armes et pour l’effort guerre contre la rébellion dans le nord. Alors qu’une paix relative a été rétablie dans le pays et que les Casques bleus de l’ONU sont présents dans la zone de confiance séparant le Nord du Sud de la Côte d’Ivoire, le gouvernement est déterminé à prendre des mesures pour gérer plus efficacement ses dépenses.

« Il était temps de renouer avec nos partenaires financiers extérieurs afin de soutenir l’économie nationale. Nous allons donner signal fort par une utilisation efficace et judicieuse des dépenses de l’Etat », a fait savoir M. Koffi, le ministre délégué à l’économie.

Depuis deux ans, la Côte d’Ivoire exécute ses budgets essentiellement alimentés par les ressources propres du pays. En juin, le gouvernement a présenté un budget équilibré de 3,5 milliards de dollars et, en respectant les engagements vis-à-vis de ses principaux partenaires financiers, il espère recevoir de nouveaux crédits pour financer la reconstruction du pays.

Début mai, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait débloquer 50 millions de dollars d’aide en faveur de la Côte d’Ivoire. Ces fonds seront investis dans l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement et de la santé, en raison de l’afflux de quelque 1,5 millions de déplacés de guerre à Abidjan.

« Nous n’avons pas encore reçu la totalité de la somme, mais nous continuons d’espérer », a fait savoir un membre du cabinet de la Primature, sous le couvert de l’anonymat.

En mars dernier, la Côte d’Ivoire a été le premier pays à bénéficier du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) de l’ONU. D’un montant de 950 000 de dollars, cette aide humanitaire ira aux populations vivant en zone de crise. Toutefois, elle semble bien en deçà des 43,7 millions de dollars sollicités par les Nations unies dans l’appel d’urgence lancé en faveur de la reconstruction des infrastructures endommagées.

Quant à la Banque mondiale, elle a annoncé qu’elle financerait à hauteur de 80 millions de dollars le programme de démobilisation, désarmement et réinsertion après l’apurement de la dette de la Côte d’Ivoire. La BM s’engage également à débloquer les 104 millions de dollars de crédit prévus pour le financement d’importants programmes sociaux tels l’éducation, la lutte contre le VIH/Sida, la réfection des infrastructures routières et locales.

Mais pour certains observateurs, le gouvernement de Côte d’Ivoire devra montrer sa réelle détermination à redresser l’économie du pays et à travailler dans la transparence avant d’envisager une reprise plus globale de l’aide internationale.

Dans un rapport publié en juillet 2004, l’ONG belge International Crisis Group notait que si la guerre a incontestablement nuit à l’économie du pays, elle a permis à certains individus de s’enrichir.

« L’impasse politique a bénéficié à tous, sauf aux citoyens ordinaires », note le rapport. « Certains hauts responsables de l’Etat sont accusés d’avoir utilisé des deniers publics, provenant d’organismes impliqués dans la commercialisation du cacao, pour s’enrichir, acheter des armes ou engager des mercenaires ».

Toujours selon International Crisis group, certains membres du mouvement rebelle des Forces nouvelles « sont accusés de s’être lancés dans des activités économiques très rentables, notamment dans la commercialisation du coton et le trafic d’armes ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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