« Beaucoup de choses et de préparatifs restent à faire, mais le chronogramme établi n’est désormais plus réaliste » a déclaré Pierre Schori à l’agence de presse Reuters au cours d’une interview à Abidjan, la capitale économique du pays.
La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis septembre 2002 après l’échec de la tentative de coup d’Etat contre le Président Laurent Gbagbo. Près de 10 000 Casques bleus de l’ONU et soldats des forces françaises de l’opération Licorne sont déployés dans la zone de confiance qui sépare la zone nord du pays, occupée par la rébellion, de celle du sud, sous contrôle des forces gouvernementales. Le conflit a fait 750 000 déplacés et quelque trois millions de personnes vivent de l’aide humanitaire.
Aucune nouvelle date n’a été fixée pour la tenue des prochaines élections présidentielle et législative, mais à en croire Margherita Amode, directrice de l’information publique de l’ONUCI, le report du calendrier électoral sera abordé lors de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, à la mi-septembre.
« Ils feront le point de la situation et dicteront la marche à suivre », a-t-elle indiqué.
Selon plusieurs diplomates occidentaux, les élections présidentielle et législative doivent être reportées d’au moins six mois.
Ces élections avaient déjà été reportées en octobre 2005 conformément au plan de sortie de crise soutenu par les Nations unies et autorisant la prorogation d’un an du mandat du Président Gbagbo. Le nouveau Premier ministre, Charles Konan Banny avait été chargé par la Communauté internationale de mener à bien, avant les élections, le désarmement des milices et de la rébellion et l’identification de quelque 3,5 millions de personnes, deux étapes cruciales du processus de paix.
A la suite des violentes protestations des partisans du Président Gbagbo, les autorités ont décidé de suspendre le processus d’identification dans la plupart des villes du sud. Ces partisans craignaient que la nationalité ivoirienne, donc le droit de vote, soit accordée à des étrangers afin de faire pencher la balance en défaveur de M. Gbagbo lors des élections.
Le processus de désarmement a également pris du retard. Dans le sud, le désarmement des milices progouvernementales a été suspendu en début de mois parce que très peu d’armes ont été restituées et que la rébellion a refusé de rendre ses armes.
« Il y a un manque de volonté politique, mais cela peut encore changer », a déclaré mercredi M. Schori sur les ondes de la télévision nationale ivoirienne.
La semaine dernière, M. Gbagbo s’était prononcé en faveur de son maintien au pouvoir jusqu’à l’organisation des élections. Cependant, pour les Forces nouvelles et les autres partis d’opposition, il est hors de question d’envisager une nouvelle prorogation du mandat de M. Gbagbo.
Sidiki Konaté, porte-parole des Forces nouvelles, estime pour sa part qu’il est encore trop tôt pour décider du report des élections d’octobre prochain.
« Nous verrons en octobre si cela est possible ou pas. Pour l’instant, nous voulons savoir qui porte la responsabilité de ce retard et ce qu’il faut faire pour accélérer le processus de pays », a-t-il confié à IRIN.
Le gouvernement ivoirien n’a pas encore fait de commentaire concernant la déclaration de M. Schori.
Le Premier ministre Charles Konan Banny a lancé cette semaine à travers le pays des missions de paix conduites par les membres de la société civile et de partis politiques pour expliquer à la population les plans envisagés pour mettre fin à la crise en Côte d’Ivoire.
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