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Réformes et lutte anticorruption pourraient souffrir du départ de Mme Okonjo-Iweala

Très peu de personnes ont cru aux raisons familiales invoquées par Mme Ngozi Okonjo-Iweala, la ministre nigériane des Affaires étrangères, pour justifier son départ du gouvernement la semaine dernière.

Ces derniers temps, le Président Olusegun Obasanjo avait montré quelques signes de lassitude vis-à-vis de la présence dans son gouvernement de Mme Ngozi Okonjo-Iweala, une femme qui incarnait à elle seule les réformes économiques et la politique anticorruption dont lui-même avait fait son cheval de bataille.

Et ces premiers signes sont apparus en juin lorsque Mme Okonjo-Iweala a perdu son portefeuille du ministère des Finances pour celui des Affaires étrangères, alors que quelques semaines auparavant, elle avait obtenu des créanciers du Club de Paris, l’annulation de la dette du Nigeria qui s’élève à 30 milliards de dollars américains.

Les autorités nigérianes ont tout de suite cherché à dissiper les craintes d’un éventuel coup d’arrêt porté au programme de réformes économiques du gouvernement, expliquant au passage que Mme Okonjo-Iweala, ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, était toujours responsable de l’équipe économique du président.

Mais alors qu’elle se trouvait en visite officielle en Grande-Bretagne la semaine dernière, le Président Obasanjo l’a soudainement démise de cette fonction. Le jour suivant, Mme Okonjo-Iweala démissionnait de son poste de ministère des Affaires étrangères.

« Je crois que c’est ce qu’il y avait de mieux à faire pour elle », a indiqué Farouk Bello, un sénateur de l’opposition et détracteur du gouvernement. « La démettre de ses fonctions de responsable de l’équipe économique signifiait d’une certaine manière qu’elle n’avait plus la confiance du Président ».

Mme Okonjo-Iweala a été l’artisan des négociations qui ont abouti à l’effacement d’une créance de 18 milliards de dollars, la plus importante en Afrique, le Nigeria s’étant ensuite engagé à payer les 12 milliards de dollars restants pour pouvoir se débarrasser du poids de sa dette extérieure évaluée à 30 milliards de dollars.

L'ex-ministre des Finances a également mise en œuvre des réformes qui ont permis au Nigeria d’économiser 500 millions de dollars américains en renégociant des contrats qui avaient déjà été octroyés.

Mme Okonjo-Iweala a notamment instauré une politique de transparence au sein du gouvernement en publiant régulièrement l’état des recettes du gouvernement ainsi que les budgets affectés à toutes les institutions du gouvernement. Pour structurer et imposer une discipline dans les dépenses de l’Etat, elle a introduit un projet de loi sur la responsabilité fiscale qui, s’il est adopté par le parlement, permettra de limiter les dépenses publiques.

Avec de tels résultats au ministère des Finances et compte tenu de tout ce qu’il reste à faire, beaucoup de Nigérians ont été surpris de l’affectation de Mme Okonjo-Iweala aux ministère des Affaires étrangères où, quelques semaines après sa prise de fonction, Mme Okonjo-Iweala a déclaré devant une commission du Sénat que la corruption était un sérieux problème au sein de son ministère.

Elle a notamment cité un cas récent de corruption avéré où des fonctionnaires de son service avaient payé une facture de 4,6 millions de dollars pour des frais d’adhésion à une organisation internationale, alors que ceux-ci n’étaient que de 22 000 dollars américains.

Cette révélation a apparemment plongé le gouvernement dans l’embarras. Le bureau de la présidence de la République s’est empressé de publier un communiqué indiquant que les déclarations de Mme Okonjo-Iweala peuvent laisser penser que son prédécesseur, M. Olu Adeniji, a couvert ces présumées malversations.

Depuis le départ de Mme Okonjo-Iweala, le gouvernement a tenté de dissiper les craintes du public sur sa réelle détermination à combattre la corruption et à reformer l’économie du pays.
« Le départ de Mme Okonjo-Iweala est regrettable parce qu’elle a joué un rôle majeur dans le processus de réforme », a indiqué Osita Ogbu, conseiller économique du Président Obasanjo.

« Mais il est aussi important de rappeler qu’elle faisait partie d’une équipe. Et cette équipe reste intacte et poursuivra les reformes envisagées ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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