« Une réunion sera organisée à la mi-septembre à New York pour évaluer le processus de paix en fonction des progrès qui auront été accomplis, » a déclaré M. Annan à la presse. « Nous déciderons alors si les élections devront être reportées ou non. »
Au cours du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu le week-end dernier à Banjul, la capitale gambienne, M. Annan avait évoqué l’éventualité d’un report des élections en raison du retard pris dans la préparation du scrutin.
A l’issue du sommet panafricain, le Secrétaire général des Nations unies s’est rendu en Côte d’Ivoire pour y rencontrer le Président ivoirien Laurent Gbagbo, le leader du mouvement rebelle des Forces nouvelles, Guillaume Soro, et le leader de l’opposition politique Alassane Ouattara. D’autres dirigeants régionaux ont également pris part à cette rencontre.
Les élections auraient dû se tenir en octobre 2005, mais celles-ci ont été reportées à octobre 2006, au plus tard, conformément aux dispositions de la feuille de route des Nations unies qui prévoyait le désarmement des rebelles et des milices pro-Gbagbo, ainsi que la mise à jour des listes électorales avant la tenue du scrutin. Depuis, le désarmement a été reporté à maintes reprises.
Le mandat du Président Gbagbo, vainqueur du scrutin controversé de 2000, expirait en octobre 2005. Après l’adoption de la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU, le mandat de M. Gbagbo a été prorogé et un nouveau Premier ministre, doté de pouvoirs élargis, a été nommé pour mener à bien le processus de transition.
La question qui se pose désormais est de savoir si M. Gbagbo restera toujours à la tête de l’Etat ivoirien si les élections étaient reportées à nouveau, et si tel est le cas, pour combien de temps.
« Il est fort possible que rien ne change, M. Gbagbo restant au pouvoir comme président pour encore au moins trois ou quatre mois », a suggéré un diplomate occidental à IRIN. « Au-delà de cette période, maintenir Gbagbo au pouvoir pourrait par contre devenir problématique ».
Les observateurs considèrent le Premier ministre Charles Konan Banny comme un personnage politique plus consensuel. M. Gbagbo bénéficie d’un large soutien populaire dans le sud, alors que M. Ouattara, leader de l’opposition, et Soro, chef de file des Forces nouvelles, sont soutenus par les populations du nord du pays.
La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis l’échec de la tentative de coup d’Etat de 2002. Les troupes rebelles se sont retirées vers le nord et se sont transformées en mouvement politique appelé les Forces nouvelles. Les rebelles n’ont toujours pas désarmé et demandent à être réintégrés au sein de l’armée nationale après les élections d’octobre 2006. Les milices pro-gouvernementales du sud refusent également de rendre leurs armes.
« Nous avons insisté sur le fait que les milices doivent être dissoutes avant le 31 juillet afin que le président puisse mettre à la disposition du Premier ministre tous les moyens nécessaires pour mener à bien le désarmement », a expliqué Annan.
Près de 10 000 Casques bleus français contrôlent actuellement la zone tampon entre le nord et le sud de la Côte d’Ivoire.
L’élément clé du processus de paix est l’identification des quelque 3 millions de résidents ivoiriens privés de leurs droits de vote. Beaucoup d’entre eux ne possèdent aucune carte d’identité, puisqu’ils n’ont jamais été enregistrés à la naissance ou que leurs parents ou eux-mêmes ont immigré en Côte d’Ivoire pour y rechercher un emploi.
Leur identification reste donc une étape indispensable à la tenue d’élections impartiales. En accord avec le Secrétaire général de l’ONU, les principaux leaders de partis politiques ivoiriens ont décidé qu’une cinquantaine d’audiences foraines sera organisée à travers le pays avant le 15 juillet pour démarrer le processus d’identification.
Selon un communiqué rendu public à l’issue du mini sommet organisé par le Secrétaire général, une conférence des bailleurs de fonds sera organisée dès que des progrès significatifs auront été accomplis dans le cadre du processus de paix.
M. Gbagbo devra signer un décret d’ici le 15 juillet autorisant la Commission indépendante électorale à réviser le code électoral, si nécessaire. La Commission, pour sa part, devra ouvrir des bureaux à travers le pays avant le 31 juillet.
A propos du désarmement, les différentes parties au conflit ont choisi de mettre sur pied d’ici la mi-juillet un groupe de surveillance. Ce groupe comportera des représentants du mouvement rebelle, de l’armée ivoirienne, du gouvernement et des forces de maintien de la paix pour superviser le programme.
Fin juillet, les milices devront être désarmées et les combattants devront s’être retirés de la ligne de front.
M. Annan a également indiqué que des fonds supplémentaires seront versés au gouvernement de transition en fonction de l’avancement du processus de paix.
« Nous pensons que dès que des progrès réels seront observés, les bailleurs de fonds seront disposés à débloquer les fonds », a-t-il expliqué.
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