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75 morts et une centaine d'orphelins, le nouveau bilan de l'explosion du camion citerne à Tega

Map of Benin
IRIN
The disputed islands lie near the border crossing at Malanville
Huit jours après l'explosion du camion citerne à Tega, le bilan des victimes ne cesse de s’alourdir et s’établit désormais à 75 morts et 24 blessés sont encore sous traitement, a confié à IRIN Boniface Sambieni, directeur de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.

Face à ce drame, les autorités béninoises ont décidé d’interdire la vente des produits pétroliers de contrebande, arguant que beaucoup trop de personnes sont décédées dans des incendies ou explosions liés à la vente de ces produits.

Vingt-trois personnes sont mortes sur le champ dans l’incendie qui s’est déclaré mercredi nuit. Les nombreux blessés transportés à l’hôpital sont dans un état critique et souffrent de brûlures au troisième degré.

Selon le père Florent Prulli, médecin-chef de l’hôpital Saint Jean de Dieu - mal équipé pour faire face à ce genre de situation -, le spectacle est insoutenable. Transformé pour la circonstance en orphelinat, l’établissement hospitalier héberge près d'une centaine d'enfants en bas âge dont les parents ont péri dans l’incendie du camion citerne.

L'Unicef a offert à l’hôpital de la nourriture, du matériel de couchage et d’autres articles de première nécessité pour les enfants orphelins. L'OMS pour sa part à débloquer une enveloppe financière de 10 000 dollars américains pour renforcer les capacités d'intervention. En outre, une équipe médicale italienne spécialisée dans le traitement des grands brûlés est attendue dans les prochains jours, a précisé le père Prulli.

A en croire le correspondant de l’Agence Bénin presse, le drame s’est produit dans un village, situé à 700 Kms au nord-ouest de Cotonou. Le chauffeur d’un camion citerne transportant de l’essence a perdu le contrôle de son véhicule qui s’est renversé sur le bas côté de la chaussée. Les villageois ont accouru sur les lieux de l’accident pour tenter de siphonner l’essence, mais une étincelle provenant du moteur encore chaud a mis le feu au véhicule.

Pour le jeune Denis Yétouga, élève à Téga, ce drame est une conséquence de la pauvreté.

« Nos parents ont du mal à subvenir à nos besoins. C'était une occasion pour eux de se faire un peu d'argent en vendant l'essence », a-t-il expliqué.

Mais de l’avis d’Edgar Alia, ministre de la Sécurité publique et des collectivités, cet incendie relance le débat sur la vente des produits pétroliers de contrebande.

« Les enfants n'ont plus peur de ce produit. C'est ça le vrai danger », a déploré le ministre.

Le drame de la semaine dernière est le tout dernier d’une longue série de catastrophes liées à la manipulation de l’essence. Petit Etat de l’Afrique de l’ouest, le Bénin fait partie des 20 pays les plus pauvres de la planète, selon les statistiques des Nations unies, et un tiers de la population béninoise vit en dessous du seuil de pauvreté.

En outre, le pays a connu une grave pénurie de produits pétroliers due à la hausse des cours mondiaux du pétrole et à la désorganisation des circuits d’approvisionnement locaux.

Avec le Nigeria comme voisin, premier pays africain producteur de pétrole, l’essence bon marché ou de contrebande passe facilement la frontière et permet de pallier les pénuries de carburant. Malheureusement, ce trafic est parfois à l’origine de nombreux drames.

L’année dernière, en plein centre de Cotonou et à une heure de pointe, quatre personnes sont mortes brûlées vives et plusieurs boutiques et feux tricolores ont été réduits en cendre lorsque les jerrycans d’essence de contrebande d’un trafiquant ont explosé à la suite d’un accident de la circulation.

En moins de 2 ans, 714 incendies provoqués par la manipulation de produits pétroliers ont fait quelque 200 morts, a fait remarquer Moudjaidou Soumanou, ministre de l'Industrie et du Commerce.

« A partir du 15 juin, on ne doit plus voir des produits pétroliers de contrebande sur le territoire », a-t-il décidé.

Mais les trafiquants et vendeurs d’essence de contrebande doutent de l’efficacité d’une telle mesure.

« Au lieu de nous rencontrer pour que nous discutions et trouvions ensemble une solution, ils nous ont imposé leur point de vue. Alors que nous devons manger », s'est plaint Urbain Kouti, qui vit de la vente de l’essence de contrebande.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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