Au terme d’une réunion de deux jours à Bujumbura, la capitale burundaise, les délégations ont décidé mardi de se revoir à Kigali, la capitale rwandaise, avant la fin du mois de juin pour signer un accord concernant la démarcation de la frontière.
Selon la Secrétaire d’Etat rwandaise chargée de la Coopération, Rosemary Museminali, des experts des deux pays utiliseront des cartes pour résoudre ce différend entre les communautés vivant le long de la frontière, en particulier à Ngozi et Kirundo, dans les provinces du Nord du Burundi, et à Muyinga dans le nord-est.
« Nous pensons que les cartes sont les documents de travail les plus fiables », a-t-elle déclaré.
Les délégués présents à la réunion de Bujumbura ont préconisé que les sous-commissions, chargées d’examiner le différend foncier, se rendent sur le terrain pour faire avancer les discussions avant la rencontre de Kigali.
La réunion de mardi était la sixième session de la commission conjointe Rwanda-Burundi chargée du règlement du conflit frontalier.
A l’origine de ce conflit, une déviation du cours d’une rivière qui forme la frontière entre le Burundi et le Rwanda. Les récents incidents ont été signalés à la colline de Sabanerwa, dans la commune de Mwumba de la province burundaise de Ngozi et sont survenus après la déviation du cours naturel de la rivière Kanyaru, en territoire burundais.
Des incidents semblables se sont produits à Ruzo, dans la commune de Giteranyi, à Muyinga. Les médiateurs ne sont pas parvenus à résoudre le contentieux qui a éclaté pour la première fois dans les années 1960.
Selon Antoinette Batumubwira, la Ministre burundaise des Relations extérieures et de la Coopération internationale, les deux pays sont convenus de renforcer leur coopération, notamment dans le domaine de la sécurité, en luttant contre l’immigration clandestine.
« Des sous-commissions ont été créées dans les deux pays pour mettre fin à l’arrivée d’immigrants clandestins dans nos pays », a-t-elle déclaré.
Les sous-commissions seront également chargées de contrôler la circulation des personnes au sein des deux pays.
« Nous nous sommes rendus compte que certaines malfaiteurs venus d’un des pays frères peuvent passer la frontière et poser des problèmes de sécurité dans un autre pays », a ajouté Mme Batumubwira.
En outre, a-t-elle précisé, le Rwanda et le Burundi vont bientôt signer une convention d’extradition afin de poursuivre dans leur pays respectif les ressortissants burundais ou rwandais ayant commis des délits.
Ces sous-commissions travailleront en étroite collaboration pour faciliter le rapatriement des réfugiés du Burundi ou du Rwanda.
« Nous continuons d’inciter les demandeurs d’asile rwandais à quitter le Burundi et à retourner chez eux », a indiqué Mme Museminali.
La Secrétaire d’Etat a exprimé toute sa gratitude envers le gouvernement burundais pour avoir accueilli quelque 19 000 demandeurs d’asile rwandais qui vivent dans les camps de Musasa et Songore, dans la commune de Kiremba de la province de Ngozi. Seuls 52 rwandais ont pu bénéficier du statut de réfugié. Ils ont été transférés au camp de Giharo à Rutana, une province du sud-est.
Interrogé sur le statut de réfugié accordé au 52 Rwandais, Mme Museminali a déclaré : « Je ne pense pas qu’il y ait un raison politique qui justifie cela ; il s’agit simplement d’une manipulation de la part de quelques leaders politiques ».
Certains Rwandais ont fui en raison de la pénurie alimentaire qui sévit dans leur région, alors que d’autres sont partis pour tenter d’échapper à la justice parce qu’ils pourraient être impliqués dans les crimes commis pendant le génocide rwandais de 1994.
Quant à Mme Batumubwira, elle a déclaré que les fonctionnaires qui ont servi au Burundi ou au Rwanda, et qui sont rentrés chez eux, toucheront leur pension. Elle a voulu ainsi rassurer les Rwandais (devenus réfugiés) qui ont travaillé au Burundi avant de rentrer au pays après la victoire en 1994 du Front patriotique rwandais, le parti au pouvoir.
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