Les casques bleus de l’ONU ont tiré des coups de semonce pour disperser les manifestants qui lançaient des pierres et des objets métalliques sur le bâtiment du ministère de la Défense, faisant voler en éclat ses vitres.
« Nous voulons rassurer le public et lui demander de rester calme. Le gouvernement prendra les mesures appropriées pour que de tels actes ne se reproduisent plus », a déclaré à la presse Brownie Samukai, le ministre de la Défense, après l’arrestation de certains des manifestants par les troupes de l’ONU.
En 2004, le gouvernement des Etats-Unis avait promis 35 millions de dollars américains pour le recrutement et la formation d’une nouvelle armée libérienne, à condition que les arriérés de salaire et les droits des soldats démobilisés leur soient payés.
En 2005, chaque soldat démobilisé avait reçu du gouvernement de transition entre 540 et 1000 dollars américains, à titre d’allocation, une somme non négligeable dans ce pays ravagé par la guerre et dans lequel plus de 80 pour cent de la population est au chômage.
Certains manifestants ont confié à IRIN qu’ils n’ont pas bénéficié de ces allocations parce qu’ils se trouvaient à l’étranger dans des camps de réfugiés.
« Si elles ont trouvé une solution pour nos collègues qui sont restés ici, pourquoi les autorités refusent t-elles de nous payer nous aussi ? Nous étions tous soldats. A cause de la guerre, certains d’entre nous ont dû fuir et partir en exil », a déclaré un manifestant, l’ex-lieutenant Jimmy Barclay.
« Par notre action, aujourd’hui, nous voulons prouver au gouvernement et à la communauté internationale que nous tenons à notre argent», a-t-il ajouté.
Le gouvernement de la présidente Ellen Johnson Sirleaf a démarré un programme de rapatriement de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés libériens. La guerre civile qui a ravagé le Libéria pendant 14 ans a pris fin en 2003, lorsque le président Charles Taylor, assiégé par les forces rebelles, a accepté de partir en exil au Nigeria et permis la signature d’un accord de paix.
Il y a deux semaines, des soldats ont organisé des manifestations similaires devant le ministère de la Défense. Ils ont tenté de prendre en otage le ministre de la Défense et ses collaborateurs, mais en ont été dissuadés par l’intervention d’un détachement des 15 000 casques bleus de l’ONU a permis.
Sous le régime de l’ex-Président Taylor, de nombreux miliciens ont été incorporés dans l’armée qui comptait plus de 6 000 hommes et femmes.
La société DynCorp, basée à Reston, en Virginie, mène actuellement une campagne de recrutement à l'échelle nationale pour la nouvelle armée libérienne. Même si les candidatures des anciens soldats de l’armée ne sont pas rejetées, ces derniers doivent avoir le niveau de fin d’études et ne présenter aucun antécédent de violation des droits de l’homme.
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