Les attaques et prises d’otages enregistrées depuis janvier et perpétrés par les séparatistes du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) ont réduit de 20 pour cent la production de pétrole du Nigeria estimée à 2,5 millions de barils par jour. Début avril, après cinq semaines de détention, le MEND a libéré les 13 otages étrangers qu’il avait enlevés.
Mardi dernier, le Président Obasanjo a rencontré plusieurs leaders modérés de la région du Delta du Niger à Abuja, la capitale nigériane, et leur a fait part de son projet de créer 20 000 emplois dans la région, d’investir dans les infrastructures routières, l’éducation et la santé. Les leaders les plus radicaux de la région ayant boycotté cette rencontre, le MEND a rejeté l’offre de création d’emplois de M. Obsanjo qu’il considère comme « dérisoire ».
« Pendant cinquante ans, le gouvernement nigérian a pillé les richesses de notre peuple et pense qu’il est possible de réparer cette injustice en proposant des emplois dérisoires aux natifs du delta du Niger », a indiqué le MEND dans un communiqué transmis à la presse par courrier électronique.
« Ce que nous exigeons, c’est le contrôle de nos ressources que le gouvernement nigérian continue d’ignorer jusqu’à présent », a ajouté le communiqué.
Le MEND a également réitéré ses revendications concernant la libération du chef de milice Moujahid Dokubo-Asari, emprisonné pour trahison, et de l’ancien gouverneur Diepreye Alamieyeseigha, poursuivi pour corruption. Le mouvement souhaite également que la Royal Dutch Shell, la plus importante société pétrolière du Nigeria, paie 1,8 milliards de dollars de dommages et intérêts pour la pollution des communautés Ijaws de l’Etat pétrolifère de Bayelsa, comme l’exige la décision de justice d’une cour nigériane.
Si aucune nouvelle attaque du MEND n’a été enregistrée depuis plus d’un mois, le mouvement séparatiste exige des compagnies pétrolières l’arrêt de leurs opérations dans le Delta qui assure la quasi-totalité des 2,5 millions barils produits par jour.
« L’arrêt des attaques n’était autre qu’une interruption tactique qui vient de prendre fin », a précisé le communiqué. « Nous reprendrons nos attaques au moment où nous l’aurons décidé. Elles seront plus dévastatrices et nous n’aurons aucune compassion pour ceux qui n’auront pas tenu compte de nos avertissements ».
Le MEND affirme se battre pour défendre les intérêts des populations pauvres du delta du Niger qui vivent sans électricité ni eau potable, et qui se sentent déposséder de la manne pétrolière par les sociétés pétrolières occidentales et par le gouvernement du Nigeria, le huit plus grands exportateurs de pétrole brut au monde.
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