M. Banny, qui a achevé jeudi sa première visite officielle en France, a rencontré le Président Chirac, le ministre de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie et de nombreux bailleurs, au cours de son séjour parisien.
« La Côte d’Ivoire est en bonne voie pour sortir de la crise, mais il ne faut pas exclure toute possibilité de délai pour les élections prévues en octobre, si la recherche de la paix l’exigeait », a déclaré M. Banny face à la presse française, mercredi.
Depuis la tentative manquée de coup d’Etat du 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est divisée entre le nord, occupé par les Forces rebelles, et le Sud, sous contrôle gouvernemental. Après un accord de cessez-le-feu et de paix conclu en France, les différentes médiations menées en faveur de la reprise des discussions et de la réconciliation des protagonistes de la crise ivoirienne ont échoué.
Pour certains analystes, l’acte le plus important posé par M. Banny depuis sa prise de fonction en décembre 2005 a été de réunir pour la première fois en territoire ivoirien les principaux acteurs du conflit, le Président Laurent Gbagbo, le chef de file de la rébellion, Guillaume Soro, le leader du RDR – le Rassemblement de républicains – et l’ancien Président Henri Konan Bédié.
Mais ces mêmes efforts ne semblent pas avoir contribué à apaiser les esprits. Le troisième round du dialogue militaire sur le désarmement qui devait se ternir mercredi à Yamoussoukro, la capitale administrative, n’a pas eu lieu, un accrochage étant survenu entre les Forces de défense et de sécurité du gouvernement au niveau d’un barrage routier.
« Evidemment, nous étions prêts ce matin à aller à la réunion de Yamoussoukro. Malheureusement, de graves incidents se sont produits à l’entrée de Yamoussoukro. Les esprits se sont échauffés, ce qui est inadmissible à un moment où on parle de réconciliation et de paix », a déclaré le Général Soumaila Bakayoko qui dirigeait la délégation des Forces nouvelles.
Malgré la nouvelle vague d’optimisme suscitée par M. Banny, certains diplomates pensent qu’il reste encore beaucoup à faire pour réaliser le désarmement des milliers de rebelles et de combattants des milices pro-gouvernementales, le processus d’identification et la délivrance de cartes d’électeurs.
En vertu de la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU, le mandat du Président Gbagbo avait été prorogé d’une année, les élections présidentielles d’octobre 2005 n’ayant pu avoir lieu comme prévu. Cette semaine, Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations unies, a nommé le Suisse Gérard Stoudmann de Haut représentant pour les élections en Cote d’Ivoire, en remplacement d’Antonio Monteiro qui a quitté ses fonctions à la mi-mars.
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