Les ministres de la Santé, Barnabé Mbonimpa, de l’Agriculture, Elie Buzoya et de l’Environnement, Odette Kayitesi, ont refusé de se conformer à la directive du FRODEBU qui exigeait d’eux d’abandonner leur fonction.
Samedi, Léonce Ngendakumana, le président du FRODEBU, a annoncé que son parti se retirait du gouvernement pour protester contre le non respect du gouvernement des principes démocratiques.
Mais malgré la directive adressée aux ministres, le FRODEBU ne s’est pas retiré de l’Assemblée nationale, ni du Sénat, deux institutions représentant respectivement les chambres basse et haute du parlement. Selon M. Ngendakumana, les députés et les sénateurs du parti ont été élus et ont un mandat du peuple qu’ils doivent conserver.
Son parti se bat pour la démocratie et ne peut continuer à approuver les "décisions d’un gouvernement qui ne sont pas conforme à la démocratie et à la restauration de l’état de droit", a précisé M. Ngendakumana.
Le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), prend des décisions sans consulter les autres partis représentés au gouvernement.
Le FRODEBU accuse également le CNDD-FDD de violation répétée de la Constitution et des lois, en particulier celles touchant au respect des droits de l’homme.
D’après M. Ngendakumana, les récits d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements et d’exécutions sommaires de personnes soupçonnées de collaboration avec le principal groupe rebelle, les Forces nationales de libération (FNL) de Agathon Rwasa, sont fréquents.
En prenant le pouvoir en août 2005, à la suite d’une série d’élections, Nkurunziza avait attribué trois postes ministériels au FRODEBU qui en revendiquait cinq, compte tenu de son score aux élections générales. Le FRODEBU était arrivé en deuxième position à l’issue des élections largement remportées par le CNDD-FDD. Sur les 121 sièges de députés à l’Assemblée nationale, le FRODEBU en a remporté 36.
Le porte-parole du gouvernement Ramadhan Karenga, a affirmé lundi qu’il était trop tôt pour commenter le retrait du FRODEBU du gouvernement.
Le Président de l’Observatoire de l’action du Gouvernement, Christophe Sebudandi, a indiqué lundi que les plaintes du FRODEBU concernant les violations des droits de l’homme étaient fondées, comme l’atteste le récent rapport de l’ONG Human Right Watch.
Selon lui, le CNDD-FDD n’a pas respecté la Constitution du pays dans la répartition des postes ministériels.
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